16 Avril 2019
On constate depuis des décennies une tendance à la hausse de la précarisation juvénile, dans l’Europe en général, certes, mais elle atteint son acmé dans les pays où les ravages anti-sociaux du carcan européisto-capitaliste ont été les plus effectifs.
Cette précarisation entraîne une augmentation du nombre de Sans Domiciles Fixes chez les personnes de moins de 25 ans. Selon une analyse de l’Observatoire national du 115 publiée en 2010, 20 % de ceux qui avaient recours au 115 étaient des jeunes. La Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS) souligne que la prise en charge publique est largement perfectible. En effet, parmi la multitude de modes d’hébergements auxquels ils ont le droit, seuls 3 % permettent un accompagnement spécifique de réinsertion sociale. Les jeunes "européens" dans leur globalité consacrent 40 % de leur revenus au logement, le pic se situe en Grèce – nation prise en tenaille de la dette par l’UE et plongée dans la misère par le carcan capitaliste de l’UE - dont la part allouée au revenu était de 46,9 %. Les rapports expliquent souvent ce phénomène par l’instabilité familiale, or ce biais des affects est réductionniste, il a un non-dit : celui du procès de production capitaliste.
Comme le dit Muriel Gremillet, « Les jeunes sont la variables d’ajustement du marché du travail. »
La flexibilisation anti-social du marché du travail - réclamée et insidieusement imposée par la commission européenne dans le cadre de ses Grandes Orientations de Politiques Économiques (GOPE) de 2014-2015 et consorts - opérée de la Loi El Khomri à l’inversion macronienne de la hiérarchie des normes plongent progressivement les jeunes travailleurs dans une insécurité de l’emploi dont on peut déjà dire qu’elle entraînera par la force-même des mécanismes capitalistes contemporains une hausse inexorables du nombre de jeunes SDF. Après avoir récemment visité la France pendant une dizaine de jours, une rapporteuse spéciale de l'ONU sur le droit au logement tire une conclusion sans appel : la France a une gestion désastreuse du sans-abrisme.
« En France, le système est tel que de nombreuses personnes n'ont même pas accès aux services d'hébergement d'urgence les plus basiques ».
Récemment, plusieurs militants associatifs ont signé une tribune collective pour réclamer « un plan national de création de 40 000 places d’accueil supplémentaires en centre d’accueil pour les demandeurs d’asile (Cada) et d’hébergement d’urgence spécialisé (Huda) sur deux ans, réparties de manière équilibrée sur l’ensemble du territoire national et sur les grandes métropoles »
Ils ont raison, la situation concrète actuelle imposerait des mesures politiques absolument inverses de tout ce que fait l’actuel gouvernement Macron-UE-MEDEF, or Macron a prévu une réduction budgétaire drastique pour les centres d’hébergement et de réinsertion sociale de 57 millions d’euros sur la durée de son mandat alors qu’un investissement considérable devient plus qu’urgent. Or ces militants associatifs oublient de le dire, tout cela est au combien impossible dans le cadre austéritaire Maastrichien, qui contraint la puissance publique à l’impuissance monétaire. Ces choix politiques contraires à l’intérêt général ont des conséquences réellement désastreuses pour le corps social, le centre d’Hébergement de Caen a du fermé l’année dernière, et le nombre d’SDF décédés chaque années demeure très élevé (566 SDF morts en 2018 selon l’ONG « Morts de la Rue » alors qu’on en comptait 510 en 2017.)
La tournure anglo-américaine que notre classe dirigeante oligarchique souhaite donner à notre économie – dérive qu’a senti venir le prix Nobel Stiglitz - ne fera qu’aggraver cet état de fait. Aux États-Unis, paradis de nos young leaders, la dette privée étudiante est de 1 160 milliards de dollars, comment le nombre de jeunes SDF peut ne pas croître en généralisant l’endettement privé ?
Face au constat glaçant d’un phénomène accentué par l’austérité capitaliste imposée par notre classe dirigeante européiste, il faut réaffirmer la nécessité d’un Frexit, pour qu’enfin puisse s’entrevoir un rétablissement du CNR, puis des modalités macro-économiques progressistes sécurisante pour la jeunesse comme le salaire étudiant. Sans oublier les nécessaires grands travaux publics dans le domaine de l’éducation et de réappropriation foncière.