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JRCF

Les travailleurs sont les créateurs de la richesse – sur Conforama et d’autres

À nouveau, des travailleurs vont être jetés sur le carreau : 32 magasins Conforama vont fermer et un projet de suppression de 1900 postes est à l’ordre du jour. Un peu avant, ce fardeau fut celui des salariés de New Look ou encore celui des salariés de General Electrics. Les exemples pourraient être accumulés à n’en plus finir tellement nous devenons habitués à ce genre de nouvelles.

Toutes ces personnes – car on semble oublier l’aspect humain derrière ces licenciements, aspect que les médias au service des milliardaires ne mettent jamais en avant – devront lutter afin de retrouver un travail et seront, au sein  de l’armée de réserve du capital, victimes du pourrissement imposé par le chômage.

Brisons une nouvelle fois un mythe encore tenace malgré les travaux scientifiques qui démontrent sa fausseté : ce n’est pas le capitaliste (le patron) qui crée la richesse, mais bel et bien le travailleur. Il n’y a que le travail qui puisse donner sa valeur à une marchandise ou à un service. Mais le travailleur, durant sa journée de travail, crée plus de valeur qu’il ne lui en est nécessaire afin de renouveler sa force de travail. Le problème, c’est que la propriété privée des moyens de production étant ce qu’elle est, le capitaliste qui fait « travailler » (« exploiter » serait plus conforme à la réalité) s’accapare cette plus-value créée par la force de travail. C’est ainsi que le capitaliste fait le profit et accumule du capital. Mais il n’y a que le travailleur qui crée la richesse, richesse qui ne revient ni à la communauté, ni au travailleur, mais seulement à la poche du patron.

Vous allez me dire que certes, les travailleurs créent de la richesse, mais le patron lui aussi mérite sa fortune car il fait un travail important de direction ?

En effet, le patron travaille, mais la somme qu’il récolte ne correspond pas au travail qu’il effectue dans la journée. Certains « petit patrons »  se voient imposer des conditions de travail difficiles et peinent à vivre confortablement : ils souffrent également du capitalisme et de sa tendance monopolistique. Les capitalistes qui concentrent véritablement le capital économique et possèdent véritablement le capital politique, ce sont les Bernard Arnault et cie, dont les rémunérations exorbitantes ne sauraient être justifiées par le « travail » néfaste qu’ils effectuent ! Ce n’est pas la valeur accumulée par leur « travail » qui a permis la constitution d’une telle richesse, mais l’appropriation de la valeur créée par les travailleurs qu’ils exploitent.

Ensuite, travail de direction, mais vers où ?

C’est une vieille critique du marxisme envers le mode de production capitaliste que la dénonciation de l’anarchie de la production. C’est-à-dire que la production n’est pas réalisée en fonction du besoin, mais de la nécessité de vendre et de faire du profit. Quand certains produits sont trop présents sur le marché, cela crée nécessairement une crise. La nécessité de vendre à tout prix une marchandise fait qu’il est même préférable pour un capitaliste de faire détruire sa marchandise plutôt que de la conserver voire de la donner. Le meilleur exemple contemporain de cette réalité morbide, ce sont les entrepôts d’Amazon où les salariés avaient filmé ce genre de destruction. De manière encore plus horrifiante, les grandes surfaces détruisent de la nourriture qui pourrait être donnée aux nécessiteux. Pensez-vous que le gaspillage alimentaire si souvent dénoncé est de la faute des ménages ?

Il arrive même parfois que l’intérêt du capitaliste soit contraire à la production, comme on a pu le voir il y a quelques années avec les Ecopla. Souvenez-vous, en 2016, le futur député de la FI François Ruffin défendait ces salariés qui tentaient de reprendre leur usine en SCOP après avoir été pillé par un fonds d'investissements, une banque d'affaire et un actionnaire sino-australien. Une proposition de reprise désavouée par le Tribunal de commerce alors que le savoir-faire des salariés étaient réputé et les clients toujours aussi nombreux ! 

Tout ce que nous venons de décrire, c’est exactement ce qui se passe avec Conforama et ses placements hasardeux dont les salariés payent les conséquences aujourd’hui.

En conclusion, il est nécessaire de mettre fin à ce vol afin que la valeur créée par le « surtravail » revienne enfin à tout le monde. Pour cela, il faut que les moyens de production appartiennent à tous, afin de ne plus se faire tondre par quelques-uns.

 

Quentin- JRCF

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