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Sur les Carnets de prison d’Erich Honecker

Il y a seulement quelques mois, toute l’idéologie dominante a fêté le trépas de la RDA… pardon, la « chute du Mur de Berlin ». Oubliant que la « réunification », bien plus vécue comme une annexion, ne s’est pas faite dans la joie des peuples, la différence de salaire étant toujours importantes entre les Allemands de l’Ouest et ceux de l’Est, ces derniers subissant un chômage de masse à la suite de la vente forcée de toute leur industrie. Dans ce contexte, il est intéressant de lire les propos d’Erich Honecker, ancien président de RDA, militant antifasciste contre le nazisme, qui fut emprisonné à la fin de la RDA dans la même prison de Moabit dans laquelle les nazis l’avaient enfermé… un signe des plus sinistres. À noter que ceux qui l’ont mis en prison sont des « camarades » du SED pro-Gorbatchev[1].

Le camarade Honecker dans son ouvrage rappelle le rôle important de la RDA dans les traités de paix divers, ce pays étant né de la lutte antifasciste comme l’a rappelé Egon Krenz. État respecté, il a participé largement aux divers traités pour empêcher une guerre nucléaire risquant d’annihiler l’humanité, en plus d’être un membre fidèle du pacte de Varsovie. Bien que subissant des difficultés, son économie était loin d’être catastrophique comme certains l’insinuent. Surtout, par rapport à son point de départ, ce fut un vrai miracle :

« C’est littéralement sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale que des millions de travailleurs édifièrent, en quarante ans, une nouvelle industrie de RDA. Malgré les multiples démontages de leurs entreprises effectués au titre des réparations, ils reconstruisirent leurs usines, par exemple les aciéries de Brandebourg. Ils édifièrent enfin des branches industrielles entières qui n’existaient pas auparavant sur le territoire de la RDA. Non seulement nous mais beaucoup d’organismes internationaux rangeaient la RDA parmi les dix premières puissances industrielles. »[2]

À cela s’ajoute un certain nombre d’industries développées en RDA, comme les installations pétrochimiques et les centres sidérurgiques. Son chiffre d’affaire pour le commerce extérieur était important, majoritairement avec les pays socialistes, la RDA n’étant pas à l’abri de subir comme Cuba des menaces économiques visant à atteindre son système social...

Quant à la démocratie – l’Allemagne de l’Est restant dans les mémoires de l’Occident comme étant une dictature dotée d’une police politique redoutable, la Stasi -, il trouve utile de rappeler que les « démocraties » des pays capitalistes ne le sont surtout que pour les riches, car tout ce qui concerne les droits sociaux comme le droit au travail ou à vivre une vie hors de la misère, ne peuvent pas être accomplis sous le capitalisme. Car sous le capitalisme, le plein-emploi, le bien-être des familles et l’égalité homme-femme sont des vains mots. D’ailleurs depuis la fin de la RDA, les Allemands de l’Est n’ont plus d’accès à des crèches et à des logements à bon prix, ni même à des études gratuites, tandis que la différence de salaire entre homme et femme s’est accrue. Belle démocratie qui ne permet pas le plein accès à la culture et à un travail digne !

Les carnets sont aussi le moment d’une autocritique sur l’URSS de Gorbatchev, qui a joué constamment un double-jeu avec la RDA, en permettant in fine l’annexion de celle-ci par la RFA, alors même que Gorbatchev rappelait toujours le rôle important de la RDA pour l’URSS. C’est le « respect » démesuré pour l’URSS qui a empêché les dirigeants de RDA – dont Honecker – de prendre toute la mesure de la menace que faisait peser Gorbatchev sur le mouvement communiste mondial. Honecker avoue aussi que, quand bien même il estime qu’il n’a pas à avoir honte du travail accomplis, la lenteur du travail au sein du Parti était blâmable, de même que le travail de sape permis aux divers révisionnistes du SED.

Nous pouvons toutefois discuter de son assertion comme quoi Lénine partagerait son idée d’une possibilité de coexistence pacifique entre pays de régime sociaux différents, le capitalisme ne pouvant pas supporter tout autre modèle politique, amenant forcément à une confrontation.

En conclusion, Erich Honecker ne rêve pas de faire revivre la RDA, mais il est radicalement contre les calomnies et la négation de toute l’histoire vécue par cette nation.

Laissons-lui le mot de la fin :

« Soit l’humanité sera précipitée dans l’abîme par le capitalisme, soit elle vaincra le capitalisme. Cette dernière solution est la plus vraisemblable et la plus réaliste, car les peuples veulent vivre.

« Malgré toutes les difficultés et les dangers, malgré la sinistre situation actuelle, je suis et demeure confiant. L’avenir appartient au socialisme. »

 

[1] À ce sujet, il est parfaitement d’accord pour parler des « crimes du SED »

[2] Pages 69 et 70.

Sur les Carnets de prison d’Erich Honecker
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