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JRCF

Trotsky et l'opportunisme

Il est commun aujourd'hui d'entendre parler de Léon Trotsky en des termes élogieux, peint en prophète par ses partisans, et même considéré par les plus anti-communistes comme un « vrai révolutionnaire ». La vérité est tout autre, Trotsky a menti sur beaucoup trop de sujets qui touchent de près ou de loin l'URSS et le pouvoir soviétique, donc à fortiori, Staline. Grâce aux archives Trotsky de Harvard (AT), et la correspondance Trotsky-Sedov de Hoover Institution, nous pouvons désormais mettre en exergue les nombreux mensonges et amalgames de Trotsky, en voici une liste non-exhaustive :

  • L'histoire des « plats épicés » (nomination de Staline au poste de secrétaire général)
  • Le bloc d'oppositions dans les années 30
  • Les procès de Moscou

Les propos débattus ici se basent sur le livre éclairant de Grover Furr, Les amalgames de Trotsky, disponible aux éditions Delga. Furr s'appuie sur l'historien trotskyste de renommée mondiale, Pierre Broué, qui a étudié les AT de Harvard, mais aussi sur les travaux de l'historien américain J.Arch Getty. Ce dernier a trouvé que les archives avaient été expurgées, mais en même temps, il ne fallait pas s'attendre à ce qu'un révolutionnaire expérimenté comme Trotsky, ne laisse des traces de sa conspiration. Il l'a avoué à la commission Dewey à la fin des années 30 (commission censée prouver l'innocence de Trotsky) :

 

En outre il est absolument incontestable que je n'aurais pas conservé dans mes archives des registres de mes crimes si j'en avais commis.

 

Il s'est avéré qu'il y avait bel et bien des éléments compromettants dans ses archives, ce qui explique leur purge. Il se peut que Trotsky ait commencé le processus d'effacement des documents compromettants, mais il est bien possible que ce soit son secrétaire, Van Heijenoort qui l'ait fait, étant donné que c'est lui qui s'occupait des archives et les connaissait par cœur.

 

Le livre de Grover Furr ne peut être que trop recommandé pour avoir un examen détaillé, et largement plus approfondi.

 

 

Les « plats épicés »

 

Trotsky affirmait que Lénine était opposé à la nomination de Staline au poste de secrétaire général, histoire qu'il a baptisé les « plats épicés ». Il a utilisé ce récit en 1927 dans la Pravda :

 

Certes, Staline, en sa qualité de secrétaire général, instillait la peur chez Lénine dès le début « Ce cuisinier ne préparera que des plats épicés » (en russe : piquants) a dit Lénine à un petit cercle au moment du Congrès du Parti.

 

Lénine aurait fait cette remarque au Xème Congrès du Parti qui eut lieu du 8 au 16 mars 1921, Staline a été nommé à son poste un an plus tard, le 3 avril 1922. Etrangement, Trotsky ne cite personne d'autre qui aurait entendu cette remarque de Lénine, cela aiderait à corroborer ses dires, mais il ne l'a pas fait. L'histoire des plats épicés, Trotsky la relate au moins une quinzaine de fois. Nous savons que cette histoire est fausse. Tout d'abord Trotsky, dans la citation ci-dessus, ne relie pas la nomination de Staline à la remarque de Lénine, chose qu'il a faite ensuite. Nous pouvons également vérifier que c'est bien Lénine qui a proposé Staline au poste de secrétaire général :

 

Dans le dictionnaire encyclopédique publié au cours de la première période post-stalinienne de « direction collective », il est indiqué dans la biographie de Staline, d'une manière directe et sans équivoque ce qui suit « Après le XIème congrès du Parti, le 3 avril 1922, le Plénum du Comité Central du parti, sur proposition de Lénine, a élu Staline comme secrétaire du Parti.

-Abdurakham Avtorkhanov écrivain farouchement anti-Staline

 

Molotov confirme cela en disant :

 

C'était au Xème congres du Parti. Et au XIème est apparue ladite « liste des dix » - les noms des membres proposés au comité central, les partisans de Lénine. Et à côté du nom de Staline, de la main de Lénine était écrit « secrétaire général »[...]Staline devint secrétaire général. Cela avait coûté à Lénine beaucoup de travail.

 

L'historien Robert Service, dans son livre sur Staline, cite Molotov et ne remet pas en question ses affirmations :

 

Il (Lénine) était désireux d'avoir Staline de nouveau à ses côtés. Après l'avoir recruté pour la cause léniniste dans le différend syndicat, Lénine a appuyé une proposition pour le faire secrétaire général du Parti communiste russe […] Il voulait un de ses alliés à un poste crucial pour la défense de ses idées politiques.

 

Trotsky a répété cette histoire beaucoup de fois, il l'a baptisé « la célèbre remarque » de Lénine. Grover Furr en fait la juste analyse : C'est une technique de propagande : pérorer que la phrase est « si célèbre » que « tout le monde la connaît » et aucune preuve n'est nécessaire.

 

Trotsky n'a donc jamais supporté le fait que ce n'est pas lui que Lénine a choisi, mais bien Staline. Il était donc important pour Trotsky de paraître légitime auprès de ses partisans pour se lancer dans une reconquête du pouvoir, et comme nous allons le voir, en utilisant n'importe quel moyen.

 

 

Le bloc d'oppositions

 

En 1939, 1940 et 1953, les archives de Trotsky ont été vendues à l'Université de Harvard, aux Etats Unis. Celles-ci ont été ouvertes aux chercheurs, quarante ans après la mort de Trotsky. Pierre Broué, historien trotskyste reconnu mondialement, a été l'un des premiers à pouvoir accéder aux archives. Broué a fait de grandes découvertes, notamment l'existence du bloc trotskyste-zinovieviste des années trente. Il dit :

 

C'est en effectuant à la bibliothèque du Collège d'Harvard les recherches documentaires prévues pour l'édition des volumes des œuvres des années 1936 et 1937 que les chercheurs et collaborateurs de l'Institut Léon Trotsky ont fait une découverte d'importance : l'existence, en Union soviétique, en 1932 d'un bloc des oppositions contre Staline.

 

Pour preuve, une lettre issue des archives, écrite par Sedov, le fils de Trotsky, à son père en 1932 :

 

« [Le bloc] est organisé. Y sont entrés, les zinovievistes, le groupe Sten-Lominadzé et les trotskystes (anciens « capitulards ») »

 

Broué continue :

 

Elle (l'équipe de Broué) a découvert aussi d'autres allusions au « bloc », toute une discussion sur les conditions nouvelles créées par son apparition, dans la correspondance entre Trotsky et son fils.

 

Trotsky a toujours nié l'existence du bloc. Il l'a notamment nié lors de la commission Dewey. Goldman, l'avocat de Trotsky avait soulevé la question de l'existence du bloc :

 

Avez-vous jamais discuté la possibilité d'organiser un centre uni entre vos partisans et ceux de Zinoviev et de Kamenev en Union soviétique, après la rupture de votre bloc avec Zinoviev et Kamenev ?

 

Trotsky : Jamais. Mes articles montrent que c'est absolument impossible.

 

Un examen des dénégations de Trotsky est largement traité dans le livre de Grover Furr.

 

 

Les procès de Moscou

 

Dans une « étude » historique classique, on disposera des théories suivantes :

  • Les procès de Moscou sont truqués, les accusés ont avoué sous la torture, des crimes qu'ils n'ont pas commis.
  • Par conséquent les accusés sont tous innocents.
  • Tous ont été victimes d'une machination du NKVD, du parquet, et de Staline.  

 

En réalité, aucune preuve n'est disponible concernant les allégations de tortures par le NKVD en vu de fomenter un témoignage de toute pièce. Mais c'est avec ce prétexte, que les historiens occidentaux n'étudient pas les colossales dépositions des procès, ce qui est une grande erreur. Pour faire preuve d'objectivité, il faut savoir mettre à l'épreuve ses idées préconçues, et donc vérifier les témoignages des procès. Ceux-ci peuvent être validés par des sources indépendantes.

 

Radek, Trotskyste accusé au deuxième procès de Moscou de 1937, dit bien la vérité dans sa déposition. Il parle dans cette dernière d'une lettre reçue de Trotsky en février-mars 1932, fait que Getty a pu vérifier car il a trouvé un accusé de réception dans les archives Trotsky à cette même date, en direction de Radek. Il n'y a aucune raison de penser qu'il a menti ou qu'il ait été forcé à dire des choses dans le reste de son témoignage.

 

 

Radek :

 

A la fin de la lettre, Trotsky avait décrit à peu près ce qu'il suit : « Vous devez garder à l'esprit l'expérience de la période précédente et comprendre que pour vous, il n'y a pas de retour possible au passé, que la lutte est entrée dans une nouvelle phase et que la nouvelle caractéristique de cette phase est que soit nous serons détruits avec l'Union Soviétique, soit nous devons soulever la question de suppression du dirigeant. » Le mot terrorisme n'était pas utilisé, mais quand j'ai lu les mots « suppression du dirigeant », ce que Trotsky avait à l'esprit était devenu clair pour moi.

 

Ici il est question de supprimer Staline, donc surtout par des moyens violents, c'est à dire la terreur individuelle, l'assassinat. Trotsky l'avait nié, une fois de plus. Ce n'est pas seulement Trotsky qui voulait assassiner Staline et ses collaborateurs, mais les autres membres du bloc.

 

Jules Humbert-Droz, ancien partisan de Boukharine, le chef des droites et membre du bloc avec Trotsky, a rencontré ce dernier une dernière fois en 1928, il explique :

 

Avant de partir, j'allai voir une dernière fois Boukharine, ne sachant si je le reverrais à mon retour. Nous eûmes une longue et franche conversation. […] Boukharine me dit aussi qu'ils avaient décidé d'utiliser la terreur individuelle pour se débarrasser de Staline. Sur ce point, je fis d'expresses réserves.

 

Pourquoi Humbert-Droz mentirait ? Quand il révèle cela, c'est dans sa biographie de 1971, loin de l'influence du NKVD puisque celui-ci n'existe plus !

 

 

Piatakov, autre accusé trotskyste du deuxième procès de Moscou et ex-commissaire adjoint à l'industrie lourde complète les allégations de l'usage de la terreur individuelle, son témoignage pourra être vérifié.

 

En 1931, je me suis entretenu avec Sedov, concernant ce que j'ai avoué entre autres choses. Sedov a dit qu'il connaissait l'activation du travail des droites, le fait que le centre trotskyste, qui à l'époque a été formé en URSS, étaient en contact avec les droites, et que, de son point de vue, c'était une question du renouvellement d'une lutte sérieuse dans laquelle tous les moyens devaient être utilisés. […] J'ai informé Boukharine de ma rencontre avec Sedov,, à propos des instructions terroristes de Trotsky.

 

Nous ne pouvons-nous tromper, Trotsky a donc bien fait l'apologie de la terreur individuelle.

 

Le 7 décembre 1937 se tint une confrontation entre Boukharine et Piatakov. Il s'agit bien d'un événement important, pour preuve, voyons qui étaient présents : Nikolai Ejov, commissaire du peuple du NKVD, le maréchal Kliment Vorochilov, le commissaire du peuple à l'industrie lourde Sergo Ordjonokidzé et Staline lui-même. Si tout cela était une machination, une fabrication, pourquoi Staline et d'autres personnes importantes du gouvernement auraient pris la peine d'assister à la confrontation ?

Il se trouve que pendant cette dernière, Ordjonokidzé a demandé à plusieurs reprises si le témoignage de Piatakov était volontaire, et à chaque fois, Piatakov a répondu par l'affirmative. Tout cela donne de la crédibilité non seulement aux dépositions de Piatakov et de Boukharine, mais également à celles des autres accusés.

 

Le deuxième procès de Moscou de 1937, la collaboration Trotsky-Allemagne, et la restauration capitaliste en URSS.

 

Le premier procès de Moscou avait prouvé la culpabilité de Kamenev et de Zinoviev dans la conspiration, un examen de ce procès est disponible dans le livre de Grover Furr. Le deuxième procès de Moscou traite de la conspiration trotskyste et est particulièrement révélateur sur la collaboration entre Trotsky et l'Allemagne hitlérienne.

Dans sa déclaration d'ouverture au procès de 1937, le procureur de l'Union soviétique, Andreï Vychinski a résumé la déposition de Karl Radek :

 

L'enquête a établi que L.D Trotsky a entamé des négociations avec l'un des dirigeants du Parti national-socialiste allemand en vue de mener une lutte commune contre l'Union soviétique. […] Lui Trotsky, estimait absolument nécessaire d'adopter une attitude défaitiste claire dans cette guerre. Il considérait que l'arrivée du bloc au pouvoir pouvait être certainement hâtée par la

   défaite de l'URSS dans une guerre.

 

Trotsky était partisan d'un défaitisme révolutionnaire, mais ne nous y trompons pas ! Le défaitisme révolutionnaire prôné par Lénine durant Première Guerre Mondiale visait bien à transformer cette guerre impérialiste en guerre révolutionnaire, afin de renverser les différentes grande-bourgeoisies capitalistes belligérantes.

Trotsky, considérait l'URSS d'avant-guerre comme un nouvel état impérialiste qu'il pouvait comparer (bien avant Hannah Arendt !) à l'Allemagne nazi ou aux empires coloniaux occidentaux, en prônant son « défaitisme révolutionnaire » vise, sous couvert d'internationalisme prolétarien, à abattre par le fascisme le seul pays socialiste au monde d'alors qu'était l'URSS. C'est donc en banalisant le fascisme international et en s'attaquant à la première expérience socialiste au monde (en légitimant la future agression fasciste !) que Trotsky adhère en réalité au défaitisme CONTRE-révoutionnaire.

 

Ce principe de défaitisme à la Trotsky se retrouve dans ses indications pour le sommet de la hiérarchie militaire, dont celles adressées au maréchal Toukhatchevski. Dans ses aveux ce dernier déclare :

 

Pendant l'hiver 1935/1936, Piatakov m'a dit que Trotsky nous a à présent demandé de nous assurer de la défaite future de l'URSS dans la guerre, même si cela signifiait donner l'Ukraine aux Allemands et Primorie aux Japonais.

 

Il était à la portée de tout intellectuel de l'époque de savoir les intentions de l'Allemagne à propos de l'Ukraine. Trotsky savait à raison, que Hitler considérait l'Ukraine comme appartenant au « Lebensraum », l'espace vital allemand. Le sort de l'Ukraine selon les nazis était l'esclavage pour les uns, et l'extermination pour les autres. Cela montre que Trotsky ne se préoccupait guère des conséquences génocidaires que peuvent avoir ses stratégies.

 

 

Piatakov parle également de ce besoin d'intervention armée de l'Allemagne en Union Soviétique :

 

Je me souviens que Trotsky déclarait dans cette directive que, sans le soutien nécessaire d'Etats étrangers, un gouvernement du bloc ne pourrait ni parvenir ni se se maintenir au pouvoir. Il fallait donc arriver à un accord préliminaire avec les pays étrangers les plus agressifs, tels que l'Allemagne et le Japon, et que lui, Trotsky, de son côté avait déjà entrepris les démarches nécessaires pour établir des contacts avec les gouvernements japonais et allemand.[...]

Il nous a reproché de ne pas engager suffisamment d'énergie dans la diversion, le sabotage et les activités terroristes. Il m'a dit qu'il était arrivé à une entente définitive avec le gouvernement fasciste allemand et avec le gouvernement japonais, que ceux-ci adopteraient une attitude favorable dans le cas où le bloc trotskyste-zinoviéviste arriverait au pouvoir.

 

Nous avons une autre preuve indépendante pour corroborer l'accusation d'intervention armée, la note Matstny-Benes. Cette note est de l'ambassadeur tchèque à Berlin, Voytech Mastny adressée a Edouard Benes, premier ministre tchèque datée du 9 février 1937. Dans cette note Matsny parle de l'entretient qu'il a eut avec Maximilien Karl comte zu Trauttmansdorff, officier allemand, à propos d'un accord entre l'Allemagne et la Tchécoslovaquie :

 

La véritable raison derrière l'hésitation du chancelier était son hypothèse que, selon certains rapports qu'il recevait de Russie, il y avait la probabilité croissante d'un très proche coup de théâtre, la chute de Staline et de Litvinov et l'imposition d'une dictature militaire.

 

Hitler pensait que Toukhatchevski émergerait de cette conspiration, et que c'est lui qui s'en trouvera à la tête, d'où l'appellation de « dictature militaire ».

 

Sur le plan économique, il serait question d'une restauration capitaliste, dans son programme de 1930 posté dans le Bulletin de l'Opposition russe, le journal de Trotsky, ce dernier préparait les esprits en parlant de « recul »

 

Un recul est inévitable dans tous les cas. Il doit être effectué dès que possible et de façon aussi ordonnée que possible […] Renoncer à « l'idéal » d'une économie fermée. Travailler sur une nouvelle variante des plans fondée sur autant d'interactions que possible avec le marché mondial.

 

Le recul est bel et bien un terme pour évoquer le capitalisme, les « interactions avec le marché mondial » peuvent être interprétées comme étant la soumission de l'économie soviétique à la mondialisation capitaliste grandissante. Piatakov témoigne du « recul » exhorté par Trotsky, terme récurant dans la conspiration pour parler de capitalisme.

 

Quant au recul. Trotsky a écrit que Radek et moi-même nous étions trompés en pensant que le recul était négligeable, nous aurions à reculer beaucoup, et c'est sur ce point qu'était fondé le bloc, non seulement avec les zinovievistes, mais aussi avec les droites[...] Dans ce cadre également, il serait nécessaire, pour des considérations de politique intérieure, d'effectuer un recul sensible, en plus de concessions aux étrangers.[...] Trotsky expliquait que ce serait un recul était très important. C'est exactement ce qu'il a dit : vous et Radek, êtes encore sous l'emprise des vieilles idées de 1925-1926 et vous êtes incapables de voir que l'essence de notre arrivée au pouvoir signifiera que nous devrons reculer très loin dans le sens du capitalisme.

 

Radek explique au procureur Vychinski combien les visions de Trotsky à propos du recul ont évolué entre 1934-1935 :

 

Vychinski : Un recul vers le renforcement de quels éléments ?

Radek : Un recul qui devait restaurer aussi une partie des éléments capitalistes, mais ce recul, si on le compare avec l'état des choses en 1927 : il y aurait une possibilité pendant ce recul d'une part, d'admettre une restauration capitaliste, mais dans le même temps, de renforcer l'industrie, grâce au premier plan quinquennal, aux fermes d'Etat et à une partie des fermes collectives, ce qui signifie que nous aurions une économie sur laquelle, à mon avis un gouvernement prolétarien aurait pu se maintenir.

Vychinski : Donc un gouvernement prolétarien aurait encore pu se maintenir ? Mais la tendance était de revenir en arrière ?

Radek : La tendance était de revenir en arrière.

Vychinski : En 1935, cela se voit plus clairement par rapport à 1934 ?

Radek : En 1935, la question a été soulevée de revenir au capitalisme.

Vychinski : Dans quelles limites ?

Radek : Ce que Trotsky a proposé était sans limites. Ce que l'ennemi exigerait.

 

Ici, la « restauration capitaliste » est littéralement évoquée, le programme économique capitaliste de Trotsky était devenu « sans limites » ce qui pourrait amener à un retour complet au capitalisme. Il y a également un lien entre l'intervention armée et la restauration capitaliste, l'intervention armée de l'Allemagne résulterait en des concessions économiques et territoriales de la part de l'URSS. Economiquement, il ne s'agit pas d'un léger recul, mais plutôt d'un bon en arrière, qui aurait entraîné la fin du socialisme et donc de l'aspiration communiste soviétique.

 

 

Conclusion

 

Avec tous les éléments de preuves que nous disposons, nous pouvons regarder d'un nouvel œil le personnage de Trotsky.  Grover Furr a exposé d'autres mensonges et fabrications dans son livre « Les amalgames de Trotsky » où il fait également l'examen de la Commission Dewey, qui est une supercherie elle aussi. Ce dernier n'a jamais admis que Lénine avait choisi Staline, et non lui-même pour le poste de secrétaire général, il voulait donc se montrer comme le plus proche collaborateur de Lénine, et de fait, hériter des idées léninistes. Trotsky était bien un opportuniste qui n'a voulu que le pouvoir, au détriment de ses partisans d'hier et d'aujourd'hui qui croient naïvement à sa « version » de l'histoire, sans se douter une seule seconde qu'il cacha un nombre considérable d'amalgames et de mensonges. La phrase de Radek « Ce que Trotsky a proposé était sans limites » résume assez bien l'état d'esprit du personnage, les moyens pour accéder au pouvoir étant, pour lui, sans limites : assassinats, alliance avec les allemands et les japonais, retour au capitalisme, concessions territoriales et économiques, mentir à ses partisans... Trotsky n'était pas magnanime, celui qui se peignait en défenseur du prolétariat était en fait prêt à tout pour le pouvoir, même à utiliser des moyens qui pourraient grandement nuire au prolétariat pour appliquer, on le voit bien désormais, les dangereuses conclusions contre-révolutionnaires auxquelles l'a amené le caractère aventuriste de sa « révolution permanente » qui, sans cela, relèverait de l'internationalisme prolétarien honnête et bien compris une fois articulé à la nécessaire construction du socialisme dans chaque pays.

 

L'article ici présent ne traite pas en détail de l'ensemble des amalgames de Trotsky, et pour remarquer l'ampleur des dissimulations de ce dernier, nous ne pouvons que conseiller, notamment aux jeunes générations militantes de gauche, la lecture complète du livre de Grover Furr.

 

Victor C.

 

 

 

 

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Anonyme 27/08/2020 00:50

Un article détaillé et très intéressant, beaucoup de choses expliquées avec soin ????