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JRCF

Le mirage du Grand Paris Express

Le mirage du Grand Paris Express

Il y a seulement quelques mois est sorti un rapport salé de la Cour des comptes sur le Grand Paris Express (GPE). En cause la dérive continuelle des coûts, toujours plus importante chaque année(1), le sérieux doute sur le respect des échéances (par exemple pour les Jeux Olympiques) et un important risque sur les finances publics à court et moyen terme. C’est sur ce point que la Cour demande une véritable réforme de la gouvernance de la Société du Grand Paris qui s’occupe du projet.

Aux camarades n’habitant pas la région Île-de-France, il est important de rappeler de quoi on parle. Le Grand Paris Express, vitrine d’un projet plus global qu’on appelle le Grand Paris, est un projet de métro automatique de plus de 200 km de rail, composée de 4 nouvelles lignes (15, 16, 17 et 18) et de 2 extensions de métro existant (11 et 14) faisant le tour de la région. Un vaste projet de transport public (?) réalisé par la Société du Grand Paris, créé par l’Etat dans ce but, dans le cadre d’un accord avec IDF Mobilités. Ce projet grandiose est né en 2011 sous Nicolas 1er et a été poursuivi sous François 2 dit le mou.

Pour ceux qui n’habiteraient pas dans la capitale ou ses environs, nous devons rappeler que si tout le monde, ou presque, est d’accord avec ce projet, sa gestion est beaucoup critiquée par des élus de tout bord (2) et par divers organismes (3).

Que pense le PRCF et les JRCF du projet du Grand Paris Express ?

Nous apportons un soutien critique à ce projet, parce que les franciliens passent en moyenne 90 minutes dans les transports chaque jour. A cet égard, ce « supermétro » permettra de désenclaver certaines parties de l’Île-de-France et de diminuer le temps de trajet. En effet qui vit à Paris et dans ses environs sait que la politique des transports diffère d’un département à l’autre et crée de terribles inégalités territoriales. A ce titre, la politique des transports de la Seine-Saint-Denis est une catastrophe, et ce qui de tout évidence aggrave le problème de chômage et de criminalité. En conclusion, nous apportons notre soutien critique au projet et aux élus qui se battent pour sa mise en œuvre.

Toutefois, nous ne pouvons passer aveuglément à côté des buts idéologique du projet. Nous n’allons pas rappeler les critiques pour la plupart justifiés des technocrates franciliens, comme le surcoût du projet, un risque d’endettement trop important contrebalancés par des recettes aléatoires.

Non, il ne s'agit pas de cela.

En premier lieu, l’embourgeoisement de Paris dû à l’installation d’une nouvelle petite bourgeoisie avec son lot de nouvelle construction high-tech et d’entreprises du tertiaire lui correspondant, ainsi que la lente colonisation des anciens quartiers populaires de la proche banlieue par ces mêmes bobos, amènent les classes populaires à s’éloigner de plus en plus du centre de Paris. Cependant, tous ces travailleurs, la plupart non qualifiés, doivent tout de même aller travailler dans la capitale et ses environs. Vous n’imaginez pas quand même les habitants du 16ème faire leurs ménages tout seul non ? Là entre en jeu le GPE, qui en quelques instants transportera ces prolétaires de leurs maisons à leurs lieux de travail. Ils seront une main d’œuvre corvéable à merci et qui n’aura même plus le droit à connaître de son environnement car perpétuellement en déplacement.

Ensuite, on nous parle de « transport public », mais quid de la privatisation de la SNCF aux alentours de 2020 sous pression de l’Union Européenne ? Il s‘agit d’une mauvaise blague. On aura fait payer de l’argent au contribuable, l’Etat aura donner des subventions pour construire un projet qui finira par servir l’appétit d’un capitaliste ! Nous rappelons au passage que nous sommes opposés à la casse du rail français, qui ne peut amener que des désastres comme ne Angleterre ou en Suède, et que nous soutenons la grève des cheminots.

En conclusion, tout cela illustre les propos de Lénine dans son étude sur l’impérialisme : la tendance du capitalisme monopoliste à extirper la production des pays impérialiste vers « l’Orient » en transformant les pays centres en réserves oligarchiques, parasitaires, financiers, touristiques, où la classe salariée est dominée pendant qu’une énorme plèbe (classe moyenne) vit du surprofit impérialiste. Toutefois, pour ces derniers, il faut rappeler que cela ne dure jamais et qu’un jour ou l’autre ils finiront comme les prolétaires qu’ils ont participé à chasser vers la périphérie.

 

  1. Objectif initial de 2013 25, 5 milliards. Dépenses totales estimées désormais ? 38, 5 milliards !
  2. « Grand Paris Express : 13 milliards d’euros de surcoût, la capitale ne serait pas prête pour les JO », RT France, 17 janvier 2018.
  3. « Le Grand Paris va dans le mur ? « On l’avait bien dit », 26 janvier 2018, Villes-rail-transports et « Grand Paris Express : l’Etat se défile », transportparis.canalblog, 2018.
  4. Voir « Le Grand Paris, dévastation métropolitaine » de Jean-Pierre Garnier, 20 février 2014.
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