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JRCF

Le Grand Paris, un projet américain ?

Le Grand Paris, un projet américain ?

A priori non et que le lecteur se rassure, il n’est pas question de verser dans un quelconque complotisme à base de « méchant américain » qui dirigerait dans l’ombre la construction du Grand Paris en direct de Washington… Présenter les choses sous cet angle serait certes caricaturale ; pour autant, nier l’évidence serait dramatique : en étant quelque peu observateur, il est clair que Paris s’américanise toujours davantage.

Premier constat, dans plusieurs des constructions faramineuses du Grand Paris on retrouve à la place de la langue de Molière la langue américaine. Par langue américaine nous n’entendons pas la belle langue de Shakespeare, mais le « globish » parlé dans le conseil d’administration de Goldman Sachs et qui est la conséquence, dans le domaine linguistique, de ce phénomène de globalisation qui est bien le pire pendant de la mondialisation : un mélange grossier de tout avec tout à tel point que rien ne signifie plus rien. On construit des nouveaux bâtiments qui ne sont plus français mais mondiaux ou européens (ou les deux), à l’instar du funeste projet EuropaCity à Gonesse, de la tour Skylight à Puteaux ou du jardin U Arena à Nanterre.

Deuxièmement, qui peut oublier que la mode de la métropolisation nous vient tous droit des Etats-Unis. Nous entendons par métropolisation ces villes concentrant les activités financières, administratives, culturelles et bien sûr politiques…  Il n’y a ici de place que pour la tertiarisation de l’économie capitaliste qui a balayé les pays « en voie de développement », non contente de les dépouiller de leurs richesses. Bref dans le cas de Paris, transformer notre capitale… en capitale du Capital !

Maintenant insistons sur un point : pour ceux qui ne le verrait pas, il y a un caractère néocolonial à imposer cette culture américanisée au reste du monde : après McDonald’s, le mode d’urbanisme américain doit se répandre partout au détriment des identités architecturales propres à chaque nations, elle-même résultat d’une histoire, d’une culture… Cette mise en avant de l’urbanisme américain va donc bien de pair avec cette imposition par la force du globish, cela sans concertation aucune avec d’une part les élus, d’autre part le peuple français.

Ensuite, nous ne devons pas nier la lutte de classe qui se joue au cœur du Grand Paris. En effet, du fait de l’augmentation du prix de l’immobilier et du foncier, de plus en plus de prolétaire sont obligés de passer le périph’. Concomitamment à cela, la bourgeoisie sans frontière impose sa langue, le globish, au reste du peuple, ce qui participe de l’appauvrissement intellectuel de la France. Et ce basculement linguistique soi-disant pluriel et « open » continue d’exclure dans nos lycées l’enseignement de l’arabe et des langues de l’immigration. La lutte de classe est sous-jacente à tous les combats d’aujourd’hui, et celui de la langue est peut-être l’un des plus importants, car il y a beaucoup à perdre…

Le PRCF et les JRCF, soucieux de combattre le projet néfaste du Grand Paris et de la disparition de la langue française au profit de l’anglais des affaires, refusent cette politique destructrice et anti-sociale. Rappelons-le au passage, en renvoyant les prolétaires de Paris et en prônant le Tout-anglais, c’est la mise à mort du Paris révolutionnaire que l’on cherche, celui de la Grande Révolution, de la Commune de Paris, du soulèvement de Paris d’août 1944 et de Mai 68 !

Soucieux d’être une force de proposition et non pas seulement d’opposition, nous proposons :

  •  Réaffirmation dans les faits du français comme langue nationale, interdiction, sauf cas très particuliers, des titres de films, des slogans publicitaires, des publications universitaires, des enseignes commerciales, des enseignements dans une langue autre que le français (sauf pour les langues vivantes).
  • Recherche de partenariats internationaux pour promouvoir les langues nationales et combattre la domination du « business-Globish ».
  • Renforcement de la loi Toubon de 1994 de manière à permettre à tout francophone vivant en France de porter plainte contre les contrevenants patronaux avec obligation pour la justice de sévir en urgence sur ces dossiers.
  • Interdiction des cours en anglais dispensés par des francophones à une majorité de francophones à l’université et dans les grandes écoles

Photo :

La tour Skylight.

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