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JRCF

Déclaration PRCF 7 mai 2012

7 mai 2012 – Analyses et propositions de la Commission exécutive nationale du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)

 

1°) La défaite de Sarkozy, personnage indécent, malfaisant et indigne de notre nation, ne peut que réjouir tous les républicains conscients du danger grave que cet individu faisait peser sur notre pays :

Depuis plus de dix ans, ce démagogue sans foi ni loi a œuvré avec acharnement à détruire la France républicaine en piétinant allègrement l’héritage des Lumières, de la Révolution française, des lois laïques de 1905, du Front populaire et du Conseil National de la Résistance. Chef d’Etat le plus réactionnaire que la France ait subi depuis Thiers et Pétain, Sarkozy et son Union Maastrichtienne Patronale ont bafoué le Non du peuple français à l’euro-constitution, saccagé l’indépendance nationale, dépecé le Code du travail, asphyxié la protection sociale, le « produire en France » et les services publics, piétiné le pouvoir d’achat populaire, les retraites par répartition et le logement social, tout en favorisant sans mesure l’oligarchie financière et les innombrables parasites « pipols » qui la courtisent.

Rompant avec les aspects positifs de la politique extérieure gaulliste, Sarkozy a littéralement vassalisé notre pays, dont l’armée est devenue un valet d’armes de l’OTAN et dont le budget se décide désormais à Bruxelles plutôt qu’à Paris. Sur le plan culturel, jamais un président n’aura à ce point planifié la destruction du ciment de la nation, la langue française, sacrifiée au tout-anglais patronal dans le domaine de la recherche, de l’université, voire de l’enseignement scolaire.

Sur le plan des libertés démocratiques, les dix ans de sarkozysme ont permis un bond en avant de la fascisation politique : innombrables lois « sécuritaires » tournées contre le peuple et la jeunesse, fortes restrictions du droit de grève dans les services publics, traque au faciès des travailleurs immigrés et des jeunes des quartiers populaires, stigmatisation permanente des travailleurs de la fonction publique livrés à un véritable harcèlement d’Etat par la RGPP, confusion anticonstitutionnelle des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, mise au pas des médias, développement démesuré de la vidéo-surveillance et de l’Etat policier… Les dix années de sarkozysme ont coïncidé avec un déchaînement permanent  contre nos compatriotes musulmans au nom d’une pseudo-« laïcité » que le chef de l’Etat était le premier à bafouer en favorisant outrageusement les « universités » catholiques et en se réclamant de Dieu à toute occasion. Les sommets de l’indécence ont été atteints quand Sarkozy s’est emparé du drapeau universaliste de la Nation républicaine pour surenchérir sur les thèmes xénophobes du FN, débordant parfois celui-ci sur sa droite dans la haine contre les ouvriers immigrés venus d’Afrique, alors que sur le plan financier, industriel, immobilier et culturel, notre pays est livré à la colonisation rampante des nantis venus de l’Europe du nord pour profiter en France des services publics qu’ils ont détruits dans leurs pays d’origine respectifs.

Sans cautionner en quoi que ce soit le très maastrichtien F. Hollande, le PRCF n’a cessé, dès le 7 mai 2007, d’appeler par tracts, par autocollants et par affiches, à « dégager » Sarko-MEDEF, et cela lui a valu d’encourir plusieurs tentatives illégales de répression de la part des services de Guéant. Dès le 7 mai 2007, alors que toute la gauche établie, PCF inclus, validait comme allant de soi l’élection du « nouveau-président-élu-démocratiquement », le PRCF a eu le courage politique de proclamer l’illégitimité radicale de Sarkozy, y compris sur le plan de la démocratie bourgeoise, car nul élu n’est légitime à détruire la république qu’il est censé représenter. Le premier, le PRCF aura jeté à la face de Sarkozy l’article 35 de la première constitution républicaine de la France : « quand le gouvernement bafoue les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour toute portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs ».

Dans ces conditions, le PRCF regrette que plusieurs organisations se réclamant du marxisme-léninisme, aient tant ergoté contre l’idée juste de « fascisation » de la France, tant banalisé le sarkozysme, tant ignoré le saut qualitatif dans la fascisation que marquait la conquête de l’UMP par Sarkozy et par son équipe de baroudeurs de l’extrême droite, les Longuet, Devedjian et Cie. Désormais nul ne peut nier cette fascisation même plus rampante : quand le FN devient l’arbitre du second tour des présidentielles (et bien entendu, sans qu’il soit question de confondre tous les électeurs ouvriers du FN avec des fascistes !), quand le président en titre s’aligne grossièrement sur les thèmes du FN et agglomère quand même sur son nom 48% de l’électorat, quand Marine Le Pen et la « droite populaire » de l’UMP préparent ouvertement leur jonction politique dans une sorte de Tea Party à l’américaine ou d’Alliance nationale à l’italienne, la dimension antifasciste du combat de classe devient de plus en plus structurante, et cela d’autant plus que l’extrême-droitisation de la vie politique française affecte à des degrés divers toute cette belle « Union européenne » que Mitterrand et Chirac nous vendaient en 1992 comme une sorte d’assurance tous risques pour le maintien de la paix civile, de la prospérité et de la démocratie universelle !

Plus que jamais, il convient donc de lier le combat antifasciste à la dénonciation de l’énorme chasse aux sorcières menée contre les communistes et les antifascistes dans toute l’Europe de l’Est ; en effet, le « ventre fécond » d’où ressurgit aujourd’hui la « Bête immonde » de l’euro-xénophobie n’est autre que la honteuse criminalisation du communisme. Honte aux médias, honte aux manuels scolaires en usage dans l’ « école républicaine », qui disposent les esprits à l’extrême droite en amalgamant l’URSS (qui perdit 30 millions de ses fils pour vaincre les nazis) au régime exterminateur du Troisième Reich, car cela revient à criminaliser les révolutionnaires anticapitalistes tout en banalisant le fascisme et l’extrême droite.

C’est pourquoi il est urgent que tous les vrais démocrates prennent conscience de la nature fascisante de la « construction européenne » : érigé après 1945 comme une digue germano-américaine contre l’URSS, élargi en 2001 sur la base de la « réunification » capitaliste de l’Allemagne et de la recolonisation des pays de l’Est, tourné contre la souveraineté et les acquis sociaux des peuples, l’Empire transatlantique structuré par l’Axe Washington-Berlin est un vecteur permanent de fascisation puisque l’Europe germano-atlantique ne peut s’édifier qu’en niant violemment le rejet populaire dont il fait désormais l’objet de Madrid à Bucarest. La manière dont le social- « démocrate » Rocard vient de « conseiller » la mise en place d’un gouvernement militaire à Athènes ( !), et dont la « troïka » UE/FMI/Banque européenne » a imposé à la Grèce et à l’Italie de véritables proconsulats soutenus par l’extrême droite, montre les causes profondes de cette euro-fascisation dont le sarkozysme est une expression transitoire, appelée sans doute à de nouveaux développements très périlleux, dans notre pays. 

Pour en finir sur la « question Sarkozy », le PRCF ne considère pas que l’ex-président puisse se retirer tranquillement et se mettre impunément à « faire de l’argent » comme il l’a promis. Pendant cinq ans, avec la complicité de l’« opposition » socialiste, Sarkozy s’est assis sur les principes constitutionnels, il a violé le Non français à la constitution européenne, accepté que le budget français soit soumis à la Commission européenne avant d’être communiqué aux députés français. Le nom du président battu est prononcé dans plusieurs affaires extrêmement louches (Karachi, Bettencourt). Tôt ou tard, si la justice institutionnelle met autant de temps pour traiter le cas Sarkozy qu’elle en a mis pour traiter les actes délictueux de Chirac, Sarkozy sera jugé par le peuple français pour haute trahison envers la nation.

 

2°) Pour autant, le PRCF ne salue pas l’élection de F. Hollande, avec à sa suite les sociaux-eurocrates patentés Aubry, Fabius, Valls, Moscovici, Fabius, etc. -, comme une grande avancée populaire. Sans faire un procès d’intention au nouveau président, il suffit de lire son programme pour constater que sa politique s’inscrit pleinement :

dans la continuité du désastreux gouvernement PS/PCF-Verts de Jospin, dont la politique de privatisation, de guerres impérialistes (Yougoslavie, Afghanistan), de mise en place de l’euro, de destruction de l’Education nationale (C. Allègre et le « dégraissage du mammouth »), a fait le lit de Le Pen et de l’ultra-droite sarkozyste ;

 

dans le cadre du « remboursement de la dette » qui implique la soumission à perpétuité de la France aux usuriers internationaux ; il n’est pas innocent à cet égard que F. Bayrou, dont le thème central de campagne était la super-austérité pour « sauver l’euro » et « rembourser la dette », ait annoncé, au final, qu’il voterait pour F. Hollande ;

 

dans le cadre de la « relance de l’Europe » et de l’acceptation du Traité de Lisbonne et du Mécanisme Européen de Stabilité, moyennant un codicille sur la « croissance » que Mario Draghi, le nouveau chef de la B.C.E., accepte d’avance pourvu que ladite « croissance » française soit indexée sur la libéralisation totale du marché de l’emploi ;

 

dans le cadre du « sauvetage de l’euro », cette maudite monnaie unique qui n’est rien d’autre qu’un collier étrangleur posé sur le cou des peuples pour leur imposer une austérité à perpétuité à travers la « règle d’or » ;

 

dans le cadre de l’OTAN et de ses guerres impérialistes sans fin (à qui le tour après l’Afghanistan et la Libye ? La Syrie ? L’Iran ?) puisque Fabius, le chef pressenti de la future diplomatie « hollandaise », a renoncé par avance à retirer la France du commandement intégré de l’OTAN dans lequel Sarkozy a réintégré l’armée française en annulant la décision historique du général De Gaulle ;

 

dans le cadre du respect religieux des contre-réformes sarkozystes puisque Hollande ne veut remettre en cause ni la casse des services publics (lois Pécresse, Chatel, Fillon, réforme hospitalière, privatisation d’EDF…), ni la retraite à 62/67 ans (sauf de manière très marginale), ni les déremboursements de médicaments, etc. Et ne parlons pas du fait que le « socialiste » Hollande ne compte évidemment ni « socialiser » ni nationaliser les banques et les entreprises stratégiques, même pas celles qui ont été privatisées par Villepin et Sarkozy ; il convient au contraire que le mouvement populaire revendique hautement l’abrogation des contre-réformes sarkozystes en matière de sécurité sociale, de services publics, de droit de grève, etc. ;

 

dans le cadre du plan d’austérité à la grecque concocté par Bruxelles qui, quel que soit la couleur du futur gouvernement, attend le peuple français sous couvert de « sauvetage de l’euro » ; sauver l’euro en détruisant la France républicaine, ou sauver cette dernière et promouvoir l’Europe des luttes CONTRE l’euro, nul ne pourra durablement échapper à ce choix objectif qui dessine par avance les frontières des luttes de classes à venir !

 

dans le cadre d’une alliance permanente de la direction du PS avec la « gauche caviar » ; la caractéristique fondamentale de cette caste sociale (les « bobos »), à laquelle le grand capital délègue pour le moment la direction du Monde, de Libé, du Nouvel Obs, etc., est l’anticommunisme, le culte du tout-anglais, la fascination pour l’american way of life, l’horreur du « jacobinisme » et de « l’exception française »… ; or cette autophobie nationale de classe et de caste n’est en rien l’opposé de la xénophobie sarko-lepéniste : elle en est le complément obligé car la haine de la nation « justifie » la xénophobie qui se pare alors faussement du masque du patriotisme ; par ricochet, la xénophobie sarko-lépéniste justifie l’autophobie nationale de la « gauche » bobo : en réalité, Marine Le Pen et B.-H. Lévy, Sarkozy et Cohn-Bendit ne sont pas des adversaires ; objectivement, ils sont le recto et le verso d’une même politique antinationale et antisociale qui détruit la France républicaine au nom de l’impérialisme français : un impérialisme qui agresse les peuples arabes et africains, tantôt sous le masque de la FRANÇAFRIQUE tantôt sous celui de l’« ingérence humanitaire » pilotée par Washington ;

 

dans le cadre de la politique exprimée par le Manifeste du MEDEF intitulé Besoin d’airE ; dans le cadre de sa quête de superprofits, le MEDEF affiche clairement sa volonté antinationale de mettre en place une « nouvelle patrie »,  de construire « l’Europe fédérale », de parachever les « transferts de souveraineté » de Paris vers Bruxelles et de « reconfigurer les territoires » ; en clair, le grand capital apatride veut substituer rapidement au triptyque républicain République une et indivisible / Départements / Communes le quadriptyque euro-libéral Mondialisation capitaliste (OMC-FMI-OTAN) / U.E. / euro-régions transfrontalières (par ex., annexion programmée de l’Alsace à « l’ensemble germano-suisse », ou fusion de la Catalogne espagnole et de la prétendue « Catalogne nord » (Perpignan !)). Or, le programme du PS se prononce pour une « nouvelle étape de la décentralisation » et Hollande s’est engagé à ratifier la Charte européenne des langues minoritaires et régionales : ce texte d’inspiration allemande priverait le français de son statut constitutionnel de « langue de la République » et diviserait le territoire national sur des bases ethnolinguistiques en prenant pour prétexte la défense (légitime en elle-même) des langues régionales; cela ressusciterait l’Europe féodale tout en divisant les travailleurs selon l’ « ethnie » ; que deviendraient alors les statuts nationaux, les conventions collectives et le droit national du travail, l’unité de la loi sur tout le territoire, les services publics d’Etat, le produire en France, l’Education « nationale », l’égalité de principe des citoyens dans l’accès aux soins et à l’éducation, etc. ? C’est une véritable revanche sur 1789 qui se prépare contre ce qui reste de la République française « une, laïque et indivisible » et contre la langue française qui a porté dans le monde entier le combat de la Commune, de « Quatre-vingt-treize » et des « Misérables » ! Il est inimaginable que des gens « de gauche » puissent porter un tel projet impérial et typiquement néo-féodal !

 

BREF, il s’agit clairement pour Hollande de mettre en place une GESTION LOYALE DU CAPITALISME et de la « construction européenne » en crise, et cela sous le nom de code contradictoire de l’ « austérité juste » (sic).

Prisonnier volontaire de ces carcans politico-économiques, le « socialiste » Hollande ne pourra tenir ses promesses, d’ailleurs bien minces, que de manière très marginale ; il sera amené pour cela à pratiquer une politique du déshabiller Pierre pour habiller Paul au risque de diviser le monde du travail, d’opposer les couches moyennes à la classe ouvrière, de devenir l’otage du « centre » et d’ouvrir la brèche aux contre-attaques de la droite et de l’extrême droite. C’est pourquoi ni au premier ni au second tour des présidentielles, et tout en appelant à dégager Sarko (principalement par la lutte), le PRCF n’a apporté et n’apportera à Hollande aucun soutien politique, fût-il « critique », même si, bien entendu, les militants franchement communistes ont le devoir de se porter au premier rang des luttes contre la fascisation politique, d’où qu’elle vienne.  

Concernant le second tour des législatives, les organisations départementales et locales du PRCF devront se prononcer au cas par cas. Pour cela, elles prendront en compte la nécessité de faire barrage à l’extrême droite et à l’UMP, mais sans pour autant « effacer l’ardoise » des candidats PS qui ont commis en 2008 l’énorme forfaiture de voter le traité de Lisbonne, cette copie conforme du traité européen rejeté par le peuple. Il reviendra aussi aux organisations départementales du PRCF de déterminer leur position à l’égard des candidats du Front de Gauche parvenus au second tour, un critère important étant de savoir si lesdits candidats acceptent de dialoguer sur l’euro et l’UE avec le PRCF en renonçant aux pratiques sectaires et agressives qui sont trop souvent encore celles d’un certain nombre de fédérations du PCF à l’égard de notre organisation.

Dans plusieurs circonscriptions, le PRCF présente des candidats, soit seul, soit en association avec le M’PEP. C’est notamment le cas à Hénin-Beaumont où l’électorat ouvrier pourra voter pour des candidats franchement anti-euro et anti-UE : tous les démocrates doivent aider Michèle Dessenne (M’PEP) et Jean-François Maison à disputer , à la patronne du FN, le titre usurpé d’avocate de l’indépendance nationale. Le PRCF tout entier est appelé à soutenir également la candidature franchement communiste du PRCF dans le Val-de-Marne, ainsi que la candidature commune de Waldeck Moreau (M’PEP) et de Véronique Bouazzi (PRCF) contre le FN, sans pour autant soutenir les partisans héraultais de l’Euro-fédéralisme.

 

3°) La politique du Front de Gauche s’avère gravement contradictoire et de ce fait, porteuse d’illusions et de futures déceptions. D’un côté, il faut loyalement savoir gré à M. Mélenchon d’avoir su créer une dynamique populaire en attaquant durement Sarkozy et Le Pen, en dénonçant la vacuité sociale du programme « hollandais », en remettant à l’honneur le combat de classe, la classe ouvrière, l’alliance du drapeau rouge et du drapeau tricolore, la « patrie républicaine », bref, tous ces thèmes progressistes que le PRCF a longtemps défendus seul et que le PCF avait jusqu’alors reniés sous prétexte de « mutation » et de virage « euroconstructif ». Il est d’ailleurs affligeant de constater que c’est souvent la direction du PCF qui, par la voix de P. Laurent et à la demande du PS, a « calmé » Mélenchon et s’est comportée comme l’aile droite du Front de Gauche (!) au moment même où de nombreux jeunes camarades du MJCF aspiraient à une politique révolutionnaire !

Mais dans le même temps, l’alliance politique législative du PCF et du PS aux législatives, le poids du Parti de la Gauche Européenne que préside P. Laurent et dont sont membres le PCF et le PG, la proximité politique entre le Front de Gauche et les états-majors euro-formatés des confédérations syndicales françaises membres de la C.E.S. (CGT, FO CFDT…), ont empêché le Front de gauche de faire une percée réellement décisive au 1er tour. En continuant à marteler le MENSONGE social-impérialiste (social en paroles, mais impérialiste, en fait, car justifiant la construction de l’Empire européen) de l’ « Europe sociale », de « l’euro au service des peuples », de la « réorientation progressiste de la B.C.E. », - des illusions auxquelles plus aucun ouvrier menacé de délocalisation ne peut croire -, en récusant le thème prolétarien irrécusable du produire en France (lancé par le PRCF en 2007) au profit d’un informe « protectionnisme européen », en défendant à cor et à cris la monnaie unique (« l’euro est à nous » !, disait Mélenchon) et en reniant ainsi la campagne de Marchais et de Krasucki contre le traité de Maastricht (portant création d’une monnaie unique européenne), le Front de Gauche a abandonné de larges secteurs de la classe ouvrière et des couches moyennes à la démagogie pseudo-sociale et pseudo-patriotique du Front « national ». Il est d’ailleurs très antidémocratique que le Front de Gauche n’ait toujours pas répondu à la lettre fraternelle du PRCF, lui demandant son « plan B » si l’UE refusait de « mettre la BCE au service des peuples ». Dans cette lettre, approuvée par de nombreux militants de base du front de gauche, le PRCF demandait à Mélenchon de dire si, en cas de veto de Berlin sur le droit de la BCE de prêter directement aux Etats à taux zéro, un président Front de Gauche aurait le courage de sortir, unilatéralement, la France de l’UE et de l’euro ; non pour « isoler la France », mais pour lui rendre sa souveraineté, pour réindustrialiser notre pays en nationalisant les secteurs stratégiques de l’économie et pour construire de nouveaux traités internationaux progressistes non limités au sous-continent européen. Faute d’avoir assumé la dénonciation radicale de l’UE et de l’euro, la direction du Front de Gauche n’a pas su parler à la masse du peuple français et, spécialement, à la majorité des ouvriers. Elle est, de fait, restée une composante de la petite gauche « anti-libérale » et « altermondialiste », elle a été perçue par la classe ouvrière comme une variante de la gauche « euroconstructive » et comme une force d’appoint au PS, qui a facilité l’opération vote utile du PS ; en un mot, le Front de Gauche n’a pas permis à la classe ouvrière de retrouver, dans la vie politique nationale, la place centrale que lui donnait jadis le PCF de P. Sémard, M. Thorez, B. Frachon et J. Duclos, lesquels ont solidement associé la cause du socialisme à celle de l’indépendance nationale.

Enfin, il est dommageable que le Front de Gauche se soit contenté d’une dynamique purement électorale (au demeurant limitée), sans rien faire pour ancrer cette dynamique dans les entreprises et les quartiers. Il est abusif de baptiser insurrection citoyenne de simples manifs de rue, si réussies soient-elles. L’insurrection citoyenne dont parle Mélenchon ne se fera pas sans ORGANISER « en bas » les simples citoyens, sans mettre en place les instruments d’une démocratie populaire authentique. 

Il est malheureux, à cet égard, qu’à l’occasion des présidentielles, des organisations se réclamant du marxisme-léninisme aient mis sous le boisseau la lutte unie des organisations franchement communistes contre l’euro pour, soi-disant, favoriser la dynamique unitaire du Front de Gauche : comme si une dynamique durable, indépendante de la social-démocratie et de l’Europe, pouvait se former sur des bases fausses, clairement petite-bourgeoises. Veut-on fédérer le peuple contre l’oligarchie capitaliste sous la direction de la classe ouvrière unie ? Il faudra, alors, rompre clairement avec l’euro-gauchisme, avec l’euro-anarchisme et avec l’euro-trotskisme, empoigner à la fois le drapeau rouge internationaliste des travailleurs et le drapeau tricolore de la nation républicaine pour balayer l’UE et sa maudite « monnaie unique » : car notre peuple ne pourra que rejeter de plus en plus fort, au fur et à mesure que s’appliquera le maxi-plan d’austérité qui servira de feuille de route européenne au futur gouvernement, qu’il soit « rose-vert-rouge clair » (le pitoyable Robert HUE est manifestement candidat à un portefeuille !) ou « bleu-brun »… Ceux qui, dans le Front de Gauche ou dans son sillage, ne l’auront pas compris à temps, seront phagocytés par la social-démocratie et inéluctablement rejetés dans le camp de l’extrême gauche « bobo ».

C’est pourquoi, dans la perspective des législatives, les organisations départementales et locales du PRCF poseront, fraternellement, trois questions aux candidats du Front de Gauche : non pour polémiquer, mais pour dynamiser la résistance populaire tout en lui donnant un maximum de souffle politique et, pourquoi pas, de force électorale :

Oui ou non, considérez-vous que le « sauvetage de l’euro » et la « construction européenne » doivent passer APRES la satisfaction des besoins populaires et des aspirations démocratiques des peuples ?

 

Oui ou non, participerez-vous à un gouvernement d’euro-austérité « juste » (sic !) aux côtés du PS et, si vous êtes élu député, voterez-vous l’investiture d’un euro-gouvernement comportant des ministres  « communistes » comme celui qui a privatisé la moitié du secteur public entre 97 et 2002 ? Le PCF NE PEUT PAS CONTINUER DE CACHER SES INTENTIONS à ce sujet. Ses électeurs ont le droit de savoir, avant de voter, s’ils élisent des candidats d’opposition populaire qui éventuellement soutiendront au cas par cas les mesures favorables au peuple (s’il y en a !) ou si, en réalité, ils votent pour un nouveau gouvernement de la « gauche plurielle ». La démocratie, ce n’est pas de dire, APRES l’élection, ce qu’on fera, c’est d’annoncer clairement la couleur, AVANT l’élection !

 

Oui ou non, si vous ne participez pas au gouvernement, vous considèrerez-vous comme membres de la « majorité parlementaire », ce qui vous obligerait notamment à voter les budgets d’euro-austérité, voire à cautionner, du dehors, les guerres impérialistes en préparation contre l’Iran et la Syrie ?

 

4°) Par-delà les flonflons de l’élection présidentielle, une crise politique explosive ne cesse de mûrir dans notre pays. Celui-ci est pris en étau entre, d’une part, les frères ennemis de la « construction européenne » (UMP, MODEM, PS, Europe-Ecologie), et d’autre part, la droite ultra, appelée à faire sa jonction autour de la « droite populaire » de l’UMP et de l’ « alliance bleu marine ». Cette crise politique sera catalysée par les affrontements de classes que ne manquera pas de provoquer la mise en œuvre par le futur gouvernement, quel qu’il soit, de la politique européenne de « sauvetage de l’euro » et de « désendettement » de la France. Si, par l’intermédiaire du Front de Gauche et du PCF-PGE, le mouvement populaire se subordonne, si peu que ce soit, à l’austérité « de gauche », si par ailleurs, les confédérations syndicales sont plus soucieuses de ménager leurs mentors de la C.E.S. (adepte de l’euro et du fédéralisme européen) que de construire le tous ensemble dans les luttes, le risque énorme est que la droite ultra fédère l’opposition à Hollande et que, très rapidement, Marine Le Pen ou une autre figure de la fascisation politique, - sans exclure d’ailleurs un retour de Sarkozy au moment opportun -, ne prétende incarner le « changement », dans les urnes… ou d’une autre manière !

Le maître-mot du mouvement populaire doit donc être plus que jamais : INDÉPENDANCE. Indépendance nationale parce que, plus que jamais, l’indépendance nationale passe par la rupture avec l’oligarchie européenne, par l’affrontement avec le grand capital et par la rupture révolutionnaire de notre pays avec la domination capitaliste. INDEPENDANCE des syndicats par rapport à l’ensemble des partis européistes, de la C.E.S., par la rupture totale des vrais communistes avec le Parti de la Gauche Européenne dont le PCF est tristement devenu l’exécutant dans l’hexagone, en rupture totale avec la ligne nationale (inconséquente) qui fut celle du PCF jusqu’à la « mutation » euro-constructive de Robert Hue et de Francis Wurtz.

 

5°) Pour briser l’étau dans lequel l’UM’Pen et les euro-fédéralistes de l’UMP et du PS enserrent la France pour mieux servir le MEDEF, le PRCF appelle à :

- construire une Convergence d’Action Communiste donnant régulièrement une expression commune aux communistes anti-UE dans les entreprises et les quartiers populaires ; sans une telle convergence unissant dans l’action les communistes indépendamment de leur choix organisationnel, il sera impossible d’expulser les fascistes de la classe ouvrière ;

- renforcer le syndicalisme de classe, empêcher que les états-majors syndicaux qui n’ont même pas organisé une grève générale contre Sarkozy, ne se couchent d’avance devant Hollande ; non seulement l’organisation indépendante du mouvement syndical de classe ne ferait pas « le jeu de la droite », mais en 1936 c’est au contraire le mouvement de masse pour l’occupation des usines qui a donné au Front populaire son tranchant antifasciste et progressiste ;

 - construire une nouvelle Convergence Nationale Républicaine à la fois unie et pluraliste pour offrir une perspective politique indépendante de la gauche « euroconstructive » et de la droite ultra, sur la base des principes rassembleurs du Conseil National de la Résistance, de l’antifascisme et de la lutte pour sortir la France de l’OTAN et de l’UE supranationale.

- à l’échelle internationale, il faudra soutenir les efforts visant à reconstruire le Mouvement communiste international pour faire face à la mondialisation capitaliste, aux guerres impérialistes, à la fascisation politique et à l’Empire européen du capital. Il conviendra pour cela de déployer pleinement l’alliance de l’internationalisme républicain et du patriotisme populaire comme l’a toujours fait Cuba socialiste. Dans de nombreux pays, l’heure est à la reconquête du rôle dirigeant de la classe ouvrière, à l’intérieur de larges fronts anti-oligarchiques orientés vers l’indépendance nationale, la démocratie populaire et la coopération internationale, en rupture totale avec les empires continentaux et supranationaux du grand capital. En réalité, le temps des « troisièmes voies » réformistes ménageant le capitalisme et se référant à Keynes et à Roosevelt est révolu : pour préparer les affrontements de classes imminents, il faudra unir étroitement le combat démocratique pour la souveraineté des peuples au combat révolutionnaire pour le socialisme.

 

 

 

Haine de soi. Sartre a démontré, dans un article clandestin des Lettres françaises paru sous l’Occupation que la haine de soi et le rejet de l’autre sont les deux faces d’une seule médaille. En réalité, Pétain haïssait autant la France « rouge » des congés payés que « les juifs » : « plutôt Hitler que le Front populaire », s’exclamait à l’époque le Comité des forges, ancêtre du MEDEF ;

C’est pourquoi le PRCF ne dit pas « produire français » comme le faisait G. Marchais, car ce slogan est récupérable par le FN, mais PRODUIRE EN FRANCE AVEC TOUS CEUX QUI RESIDENT SUR NOTRE TERRITOIRE.

 

Ce protectionnisme européen coexiste déjà avec le libre-échange mondial des traités européens : en réalité, la zone euro fonctionne comme une zone protectionniste pour l’industrie allemande alors qu’elle laisse l’industrie des pays du sud et de l’est européen à la merci du moins-disant social des pays à bas coûts salariaux.

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clovis simard 15/08/2012 04:07

Mon Blog(fermaton.over-blog.com),No-14. THÉORÈME DU CHE.- QUEL SOURIRE ?