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JRCF

Après les élections UMPistes...

 

 

« Election » de COPE à la tête de l’UMP :

Un pas de plus vers la mise en place d’une UM’Pen !

(Pôle position du 20 novembre 2012).


 http://photo.parismatch.com/media/photos2/actu/politique/jean-francois-cope13/5198680-1-fre-FR/Jean-Francois-Cope.jpg

Sur le fond politique, c’est évident, Fillon ou Copé, c’était bonnet blanc ou blanc bonnet : même atlantisme aveugle, même allégeance béate à l’Europe fédérale pilotée par Berlin, même acharnement à casser les acquis  du CNR, mêmes obsessions anti-fonction publique, même inféodation aux demandes du MEDEF et du CAC 40, même fascination pour le « modèle » américain ou allemand, même absence de patriotisme sincère malgré la référence purement formelle à De Gaulle…

 

Pourtant, la victoire à l’arraché de Copé dans une élection où il partait battu, est un signe politique sérieux qu’il ne faut pas minimiser : celui de l’ultra-droitisation de la droite, de la fascisation croissante de la bourgeoisie française, de la lepénisation des esprits, de la xénophobie et du racisme d’Etat « décomplexés » - et cela au moment même où l’oligarchie capitaliste française fait montre d’une véritable autophobie nationale (=haine de la France), qu’une certaine gauche bobo croit intelligent d’accompagner suicidairement.

 

Car Copé n’est pas un politicien de droite parmi d’autres : pur produit de dix années de sarko-fascisation du pays, cet avocat d’affaires aventurier et sans scrupules a gagné la bataille de l’UMP en chassant effrontément sur les terres du FN, en cultivant la xénophobie la plus rance (déclarations grossièrement mensongères sur les « petits pains »), en appelant la bourgeoisie à opérer en France une purge anti-sociale à la Thatcher et en sommant par avance la droite ex-parlementaire à affronter dans la rue le pourtant très maastrichtien et patronal gouvernement Hollande !

 

C’est d’ailleurs un classique de l’histoire européenne : plus la social-démocratie cède au grand patronat, et plus elle encourage « l’extrémisation » de la droite classique, comme on l’a notamment vu dans les années trente et dans les années cinquante (guerres coloniales). Ajoutons que Copé est, avec son ami Chatel, un élément farouchement antinational et anti-francophone du gouvernement sortant : n’est-ce pas lui qui a fait la proposition scandaleuse d’anglophoniser massivement le service public de l’audiovisuel (passage systématique de films américains non doublés aux heures de « prime time » - sic) ; ce qui n’a pas empêché le même individu d’imposer l’usage exclusif (et punitif !) du français… à l’intérieur des mosquées, au mépris de la langue sacrée du Coran* !

 

Tout sera donc fait ces prochaines années, soyons-en sûrs, pour resserrer autour du peuple français les deux tenailles d’un même étau mortifère : celui que forment déjà autour de Marianne, le Parti Maastrichtien Unique (formé du PS, du « Centre » et de l’UMP) aux ordres de Merkel-Barroso, et l’UM’Pen en formation autour de l’UMP copéifiée et du « rassemblement bleu marine ». Marine Le Pen a d’ailleurs déjà averti que ses troupes se tenaient prêtes à manifester aux côtés de l’UM(co)P contre le gouvernement Hollande. Et l’on a vu dimanche dernier, autour des intégristes deCivitas et des fachos du GUD, que l’extrême droite dispose si nécessaire d’une force de frappe sanglante dans ce pays faussement pacifié…

 

Paradoxalement, l’origine de cette droitisation du spectre politique français ne doit pas seulement être cherchée à droite. La gauche établie, qui n’a cessé de se droitiser depuis trente ans, porte une responsabilité écrasante dans ce phénomène qui pourrait finir par la broyer elle-même. Qui ne voit l’impressionnante dérive à droite du PS mitterrandien, qui prétendait vouloir « rompre avec le capitalisme » en 1981 et qui n’a cessé depuis lors de se coucher devant Maastricht, l’OTAN et le CAC 40 ? Qui ne voit que le gouvernement Hollande – insensible aux actions des ouvriers de Doux, de Florange, d’Aulnay, etc. – capitule en rase campagne dès que deux-cents patrons feignent d’organiser contre lui une pétition « anti-fiscaliste » ?

 

La direction du PCF-PGE n’est pas en reste : si le PS a pu ainsi dériver tranquillement vers le centre-droit, si la droite parlementaire a pu connaître à son tour cet impressionnant glissement sarko-thatchéro-lepéniste, si le FN a pu s’ancrer durablement dans la population française – y compris en milieu ouvrier – c’est aussi parce que depuis le milieu des années 70, le PCF devenu « mutant » et « eurocommuniste », a successivement effeuillé tous ses fondamentaux idéologiques (dictature du prolétariat : 1976, marxisme-léninisme, internationalisme prolétarien : 1979 ; centralisme démocratique, référence au socialisme et à la classe ouvrière : 1994), parce qu’il a cautionné plusieurs gouvernement de gestion social-démocrate du capitalisme (Mitterrand 81, Jospin 97), parce qu’il a rallié le mot d’ordre mensonger de l’ « Europe sociale » et de la « réorientation progressiste de l’euro », cette arme de destruction massive des acquis et des souverainetés populaires. Quand les dirigeants de ce qui fut le « Parti des Fusillés » renient à la fois le drapeau tricolore du « produire en France » et le drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau, comment s’étonner que le PS puisse piétiner sereinement son héritage progressiste, que le parti « gaulliste » puisse rallier l’OTAN et l’UE, C’est dans le glissement à droite de la gauche établie que la fascisation rapide de la droite trouve ses racines profondes.

 

Si bien que la route est toute tracée pour les véritables communistes, progressistes et antifascistes de France : il ne suffit pas en effet, même si c’est nécessaire et primordial, de combattre frontalement l’UM’Copen en gestation. Il faut aussi déployer sans complexe la lutte contre le programme d’austérité de Hollandréou et de Zapat-Ayrault, qui exempte les patrons de cotisations sociales et met la Sécu et les retraites à la charge de l’impôt indirect payé par tous les salariés. Il faut dénoncer l’euro et la « construction » européenne en appelant la CLASSE OUVRIERE à prendre la tête des luttes pour le « produire en France », l’indépendance nationale et la coopération internationale. Il faut en finir avec la collaboration de classes éhontée pratiquée, au détriment des salariés, par les directions de la CFDT, de la CGT, de la FSU et de FO inféodées au gouvernement Hollande et à la Confédération européenne des syndicats (pro-Maastricht). Enfin, il est urgent que les vrais communistes – qu’ils soient restés au PCF ou qu’ils se soient organisés indépendamment de la direction socialo-dépendante du PC-PGE – engagent ensemble une campagne de masse commune à la porte des usines contre l’euro-austérité, contre l’UE et l’euro, contre l’OTAN et les guerres impérialistes, pour l’indépendance nationale et la coopération équilibrée entre peuples souverains, contre le capitalisme et pour une société socialiste enfin débarrassée de l’exploitation de l’homme par l’homme.

 

 

Georges Gastaud, secrétaire nationale du PRCF

 

 

 

 

*     L’auteur de cet article est un militant laïque convaincu. Mais la loi de 1905 n’interdit pas seulement aux Eglises de s’ingérer dans la vie politique, elle interdit aussi à l’Etat de s’ingérer dans la conduite du culte (« l’Etat chez lui et l’Eglise chez elle » !).

 

 

 

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