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JRCF

Lettre ouverte du PRCF et du réseau JRCF à la Coordination étudiante et lycéenne en lutte

LETTRE OUVERTE du PRCF et du réseau JRCF
à la Coordination étudiante et lycéenne en lutte
 
SOUTIEN TOTAL A LA COORDINATION ETUDIANTE ET LYCEENNE
 
Chers camarades,
 
Alors que les états-majors syndicaux ont tant tardé à déclencher une première journée d’action et de grèves interpro contre le CNE/CPE, alors que Chérèque fait tout ce qu’il peut pour « modérer » le mouvement et l’entraîner dans l’impasse de « négociations » sans contenu, alors que les directions nationales de certaines organisations issues du syndicalisme de lutte rechignent à appeler clairement à préparer la grève générale, alors que certaines mini-organisations étudiantes sur-médiatisées se posent en « intermédiaires » entre le pouvoir et le mouvement étudiant au nom du « pragmatisme », la Coordination étudiante et lycéenne, émanation directe et légitime du mouvement de grève et de blocage, vient de remettre les pendules à l’heure :
 
-aucune négociation avant le retrait total du CPE/CNE et du dispositif Borloo : telle a toujours été la position du PRCF qui a lancé en 2003 le mot d’ordre « on ne négocie pas les régressions ».
 
-aucune négociation séparée des organisations syndicales avec le gouvernement : le mouvement appartient à ceux qui le font vivre en prenant sur leur temps, en courant des dangers face à la répression policière, en animant des AG de luttes démocratiques et pleinement représentatives, avec des délégués mandatés et révocables à tout instant : rien sans l’accord de la coordination étudiante et lycéenne !
 
-démission du gouvernement Villepin-Sarkozy, seul responsable du blocage actuel du pays en raison de sa politique antisociale, de son choix de la répression policière, de ses déclarations répétées visant à opposer les étudiants aux jeunes des quartiers défavorisés ; le PRCF considère pour sa part que le gouvernement UMP a été délégitimé, non seulement par l’ensemble des élections qui ont eu lieu depuis 2002, non seulement par les grands mouvements sociaux qui se sont succédés depuis 2003, mais par l’éclatant Non populaire du 29 mai qui a invalidé la politique euro-libérale dont le CPE est une illustration (comme le montrent les félicitations adressées par Bruxelles à De Villepin, même si la commission européenne considère que Villepin « ne va pas assez loin ») : la politique de précarisation totale de la main-d’oeuvre figure en effet en toutes lettres dans les Accords européens de Lisbonne qui préconisent de faire de l’U.E. « la zone économique la plus productive (de profit...) du monde »..., cela évidemment, sur le dos des salariés ! Chirac vient d’ailleurs de rappeler au Sommet européen sur l’énergie que le but du CPE est de faire baisser le « coût du travail » en France (en pesant sur les salaires : car les jeunes en CNE devront accepter n’importe quel salaire de misère et ils ne pourront ni faire grève ni se syndiquer).
 
Le PRCF félicite les étudiants et lycéens en grève d’avoir retrouvé par eux-mêmes, après la coordination lycéenne de 2005 contre la Loi Fillon, les formes prolétariennes d’action que les dirigeants recentrés du syndicalisme de lutte disent dépassées : piquets de grève, occupation, blocage, etc. Non le combat de classe n’est pas dépassé : dans son fond, le mouvement actuel est objectivement un affrontement de classes en devenir entre le grand capital maastrichtien, incarné par la Sainte-Trinité du MEDEF, de l’UMP et de l’U.E., et la classe des travailleurs et futurs travailleurs salariés, qu’ils soient actuellement actifs, étudiants, lycéens, chômeurs, retraités ou en formation.
 
Oui, il faut mettre sous surveillance les états-majors syndicaux qui favorisent l’unité au sommet avec le jaunissant Chérèque, signataire de toutes les contre-réformes maastrichtiennes (plan Juppé, conventions UNEDIC et « PARE », loi Fillon sur les retraites, accord salarial bidon dans la Fonction publique, etc.) aux dépens du « tous ensemble » dans l’action et de la grève générale. Oui il faut se méfier de la Confédération Européenne des Syndicats (à laquelle sont affiliées ou candidats la CFDT, FO, la CGT, la FSU et la CFTC) qui ne fait et ne fera rien pour fédérer les luttes sociales en Europe tant elle est inféodée à l’idéologie de collaboration de classes avec le patronat européen !
 
Oui il faut mettre en surveillance la « Gauche » d’en haut, signataire avec Jospin des accords européens régressifs de Barcelone et de Lisbonne, co-gérante avec la droite de la sinistre Commission de Bruxelles et de la mondialisation libérale par l’entremise de l’OMC présidée par P. Lamy (PS français) : de même que Villepin vient d’autoriser le travail de nuit des enfants de quinze ans, de même Jospin et Aubry avaient-ils sans états d’âme « transposé en droit français » (2001) la directive européenne autorisant le travail de nuit des ouvrières ; de la même façon, l’ « alternative au CPE » concoctée par Royal et Hollande vise à instaurer un nouveau contrat emploi-formation précaire (l’ « EVA ») en exonérant à nouveau le patronat des prétendues charges sociales (=salaire indirect)... et même d’une partie du salaire ! Veut-on définitivement couler la Sécu, l’assurance maladie, les caisses de retraites, les ASSEDIC ? Enfin il faut être vigilant face aux propositions doucereuses de « Sécurité emploi-formation » ou de « Sécurité sociale emploi » développées par la direction « mutante » du PCF et reprise par l’état-major en voie de recentrage de la CGT. Ce type de proposition accrédite l’idée que l’emploi stable et le plein emploi sont devenus impossibles et qu’il faut seulement « sécuriser les trajets professionnels ». Ainsi certains contournent-ils la revendication (combien plus réaliste !) du mouvement ouvrier anticapitaliste : droit au travail pour tous, un emploi stable et bien payé sous CDI ou sous statut pour tous avec une convention collective solide, des services publics de qualité et une protection sociale de haut niveau, tout cela nécessitant la socialisation des grands moyens de production et d’échange et la planification démocratique de l’économie avec de larges droits de contrôle et d’autogestion pour les collectifs de travail. Ces revendications n’ont rien de « jusqu’au boutiste » ; depuis que le mouvement ouvrier, à la suite de la « mutation euroconstructive » du PCF a abandonné la lutte pour le changement révolutionnaire de société, les travailleurs ne cessent de reculer : il faut que les jeunes révolutionnaires méditent la remarque de Lénine : les réformes ne sont pas à négliger : mais elles ne sont pas des fins en soi et doivent se concevoir comme des retombées de la lutte révolutionnaire ».
 
-Le PRCF et le réseau JRCF soumettent à la réflexion critique des militants de la coordination l’idée d’appeler dès mardi soir à une nouvelle JOURNEE NATIONALE de GREVE interpro reconductible avec une manif géante à Paris marchant pacifiquement vers Matignon : ceux qui nous font journellement l’éloge des manifestants biélorusses qui contestent l’élection de Loukachenko en campant sur la place du gouvernement de Minsk, ne peuvent interdire au peuple et à la jeunesse de France  de manifester leur force tranquille au coeur de la capitale! Les états-majors syndicaux doivent appeler à la grève reconductible car on ne bloquera pas les régressions qui cassent la France d’en bas au nom de la Franceurope d’en haut sans bloquer la production et frapper à la caisse le MEDEF, inspirateur et bénéficiaire du CNE/CPE. Dès mercredi, si les états-majors syndicaux tergiversent ou si certains engagent des négociations séparées avec le pouvoir UMP, salariés et étudiants en lutte pourraient s’adresser directement à eux en les plaçant devant leurs responsabilités historiques : la mobilisation est là, encore faut-il que ceux qui parlent au nom des salariés argumentent, organisent et construisent la grève générale au lieu de botter en touche en rabâchant que « la grève générale ne se décrète pas ».
 
A plus long terme, le PRCF et le réseau JRCF soumettent au mouvement et étudiant ouvrier l’idée d’un plan national de lutte pour le retrait de l’ensemble des contre-réformes euro-libérales (retraites, sécu, ASSEDIC, privatisations, école, décentralisation, code du travail, interdiction des délocalisations...) avec temps fort le 29 mai 2006, anniversaire du premier « tous ensemble » des ouvriers (72% des « non »), des employés (62%), des agents des services publics, des 18/25 ans (62%), des petits paysans et artisans (70%),... Nous ne voulons pas de leur société inhumaine et violente, nous voulons une nouvelle République, sociale, fraternelle, souveraine, antifasciste, internationaliste et antiraciste, amie des peuples de tous les continents dans la perspective d’une société socialiste où le pouvoir politique et économique serait aux mains du peuple travailleur. Nous voulons de nouveaux traités internationaux garantissant la coopération égalitaire et les droits des peuples et des salariés, nous voulons une Europe des luttes et de la culture et non un nouvel Empire européen capitaliste dangereux pour le progrès social, la paix et la liberté ! Nous devons lutter pour gagner et non pour « témoigner », car face à l’Union Maastrichtienne Patronale (UMP) qui représente une étroite minorité de privilégiés du capital, le 29 mai et le mouvement actuel ont prouvé que nous sommes le peuple ! Plus que jamais, comme on le chante dans nos manifs, « c’est pas au patronat de faire la loi, la vraie démocratie, elle est ici » : ici, dans les AG, dans la coordination démocratique.
 
Tout en félicitant le Coordination pour sa détermination et sa maturité, tout en mettant ouvertement et publiquement ses analyses et ses propositions sur la table, le PRCF et le JRCF déclarent qu’il revient aux AG de grévistes, devenant peu à peu des AG interpros, de décider souverainement de l’avenir du mouvement sans pression ni ingérence.
 
Hasta la victoria siempre,
companeras y companeros, venceremos !
 
POUR le P. R. C. F.   et le réseau J. R. C. F.
Jean-Pierre Hemmen, président du Conseil national du PRCF, fils de Brigadiste en Espagne Fusillé de la Résistance ;
Léon Landini, ancien Franc-Tireur et Partisan de la Main-d’Oeuvre Immigrée, président-délégué du P.R.C.F. ;
Georges Gastaud, philosophe, syndicaliste en lutte ;
Vincent Flament, rédacteur-en-chef du journal « Initiative communiste », syndicaliste en lutte ;
Alexis Lacroix, animateur du réseau J.R.C.F., syndicaliste en lutte ;
Dimitri Manessis, lycéen gréviste ;
Benoît Foucambert, animateur de la Commission luttes du PRCF, syndicaliste en lutte.

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