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Défendre un travail émancipateur pour la jeunesse

Défendre un travail émancipateur pour la jeunesse

Une récente étude, menée pour l’Institut Montaigne par les sociologues Olivier Galland et Marc Lazar,  enfonce le clou de ce dont nous avions parlé lors d’un précédent article : une majorité de jeunes ne se reconnaît pas dans les principales organisations politiques françaises. Toutefois, fait intéressant, celle-ci note que le rapport de la jeunesse au travail est davantage axé sur l’accomplissement d’une passion que sur la quête de sécurité de l’emploi. Bien sûr, on peut toujours se poser la question de la classe sociale des jeunes interrogés, mais pour le cas d’espèce faisons comme s’il s’agissait d’un échantillon représentatif de notre jeunesse, y compris de milieu modeste. Cela signifierait que notre jeunesse recherche un travail épanouissant et plus seulement quelque chose de stable pour finir correctement (à peu près) les fins de mois. Cependant, est-ce réalisable à l’heure actuelle ? Est-ce que cette ambition se retrouve pour la majorité dans la réalité ?

Avant toute chose, rappelons que le chômage des moins de 25 ans au dernier trimestre 2021 était de 15,9 %. Mais pour ceux qui entrent sur le marché du travail, ce sont les jeunes qui sont particulièrement touchés par l’ensemble des contrats précaires, à l’instar des CDD, contrats de mission, d’intérim ou même de l’auto-entreprenariat. Dans le dernier cas certains jeunes peuvent en effet croire être leur propre patron, mais ils sont très souvent concrètement sous la coupe d’un patron qui ne dit pas son nom, comme le démontrent les très nombreuses requalifications en contrat de travail des chauffeurs Uber. Est-ce que ces conditions permettent l’épanouissement personnel ? On peut en douter : il y a une différence énorme entre vouloir vivre sa passion, quitte à ne pas avoir un travail stable, et être contraint par la nécessité des choses à travailler avec plus de risques, car c’est ce dont a besoin le capitalisme aujourd’hui. Sans un minimum de droits pour se faire respecter, impossible de se développer sereinement sauf à prendre ses désirs pour des réalités. 

Nous disons à nos compatriotes que nous sommes d’accord avec eux : le travail devrait être à l’origine d’un développement personnel. Cependant, l’exploitation capitaliste, avide de profits faits sur le dos des travailleurs, ne peut pas vous le permettre. C’est pour cela que nous proposons de nous attaquer à cette dernière, en nationalisant dans un premier temps les secteurs clés de l’économie, puis progressivement en socialisant les moyens de production afin que les intérêts des producteurs de richesses prévalent sur ceux qui les pillent. Pour qu’un travail soit épanouissant, il faut aussi que les principaux concernés, les travailleurs, aient un droit à la parole dans l’entreprise. Aussi nous voulons faire comprendre à notre jeunesse l’inutilité d’avoir des préjugés dévalorisants sur certains métiers comme éboueurs ou professeurs, car vous êtes dans ce cas beaucoup plus utile à la société que n’importe quel coach de vie ou parasite de la finance. Ces métiers sont aussi mal-aimés à cause de la faible rémunération qu’il nous appartiendra d’augmenter. Rappelons enfin que selon Marx la société communiste auquel nous aspirons aura pour objectif « le libre développement de chacun » comme « condition du libre développement de tous ».

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