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« Comme la nuée porte l'orage » : les pays arabes réactionnaires quittent le navire de la cause palestinienne

L’actualité du Moyen-Orient a été ces derniers mois principalement marquée par la reconnaissance en cascade de l’État israélien par plusieurs pays arabes[1]. Ces « normalisations » des relations (quelles relations « normales » peut-on avoir avec un État ouvertement impérialiste, ségrégationniste et colonisateur ?) sont le fruit des efforts et des pressions exercées par un Trump en fin de mandat et plus que sur la sellette, et ceux de son administration, notamment de l’infatigable promoteur d’Israël au Moyen-Orient, gendre du triste sire – Jared Kushner.

 

Les Émirats arabes unis (EAU), et le petit royaume du Bahreïn ont ouvert le bal en août dernier, créant une surprise généralisée dans le monde arabe[2], en annonçant une normalisation de leurs relations diplomatiques. Non que ces monarchies, réactionnaires depuis leur fondation en 1971, aient jamais manifesté un grand intérêt pour la cause palestinienne, ou la lutte contre l’impérialisme. Mais en tant qu’États membres de la Ligue arabe, jusqu’ici, les convenances commandaient de jouer le jeu, de faire au moins semblant de prêter intérêt à la cause palestinienne, et de ne pas reconnaître Israël comme État, puisque celui-ci avait usurpé tous les accords de frontières établis depuis 1948. Aujourd’hui, l’heure est grave au Moyen-Orient, et l’urgence ordonne de jeter les convenances, les hypocrisies et les faux-semblants par-dessus bord, afin de se concentrer sur ce qui importe vraiment : empêcher l’Iran d’accéder à son statut mérité de puissance régionale, et de reconstituer au Moyen-Orient un puissant bloc anti-impérialiste, capable de tenir tête à Israël et à l’islamisme sunnite (takfiri, salafiste, et frériste[3]). On a pu lire ici et là que cet accord et ceux qui ont suivi étaient une victoire pour Israël, voire pour Netanyahou ou Trump[4]. La vérité indique plutôt que ceux-ci expriment un vent de panique chez les réactionnaires du monde arabe, qui savent que leurs positions sont de plus en plus fragilisées et intenables, et qui cèdent donc, dans un « sauve-qui-peut » généralisé, face à ceux qui étaient jusque-là présentés comme les ennemis de toujours – Israël et les États-Unis. Par-là est révélée l’existence du vrai ennemi de ces monarchies réactionnaires arabes : l’Iran bien sûr, mais surtout toutes les forces qui s’opposent avec quelque vigueur à l’impérialisme au Moyen-Orient.

 

L’abandon officiel par les EAU de la cause palestinienne est le moins surprenant de tous : fondé en 1971 par les colonisateurs britanniques, cet État est une fédération de micro-monarchies, rendues immensément riches par leurs ressources pétrolières, et le très faible nombre de sa population autochtone. Comme toutes les pétro-monarchies, les EAU sont une création politique totalement artificielle de la part des colonisateurs, principalement britanniques, créés à la seule fin de priver d’éventuels États-nations arabes de l’immensité des richesses pétrolières[5]. Aujourd’hui, les EAU sont marqués par une immigration démesurée, mais stricte conséquence de l’absence quasi-totale de population arabe autochtone - 88,7 % de la population y étant aujourd’hui étrangère. Il s’est donc installé, dans des conditions de travail pour les immigrés proches de l’esclavagisme pur et simple, une stricte division du travail entre les populations autochtones, très diplômées et exerçant les postes de cadres dans l’économie, et les immigrés, majoritairement venus du sous-continent indien, qui forment un immense prolétariat, sans aucun droit économique, ni politique, ni même simplement familial[6]. Or, vivant dans le Golfe persique, les EAU sont actuellement terrorisés que la montée en puissance économique actuelle de l’Iran ne vienne les rappeler à leur juste place : celle de pantin aussi microscopique qu’artificiel de l’impérialisme américain. Devant une telle menace, Israël est un allié tout à fait naturel, et la realpolitik les conduit donc à faire fi des hypocrites faux-semblants du passé, et d’aller convoler en noces avec l’État sioniste, dans le seul but de se trouver un allié et un protecteur contre l’Iran, perçu à tort comme une menace dans la région[7]

 

La monarchie du Bahreïn est en revanche dans une situation très différente. Ancienne colonie devenue pétro-monarchie, le Bahreïn possède une immigration moindre (54 % de la population), et surtout, des conflits politiques permanents depuis 2011, entre une famille royale sunnite, soumise à l’agenda américano-saoudien, et une population arabe locale très majoritairement chiite[8], bien plus iranophile. La situation politique au Bahreïn est explosive, et le pouvoir doit user d’une répression brutale pour ne pas perdre la main, n’hésitant pas à condamner à mort à tour de bras et à pratiquer la torture pour se maintenir[9]. Son rapprochement avec Israël obéit donc à la même logique de panique politique que les EAU, et n’est en rien une « victoire » pour le camp impérialiste, quoiqu’en dise une presse aveugle[10] : nous n’avons là que le signe d’une terreur face à la montée en puissance d’un bloc anti-impérialiste conséquent au Moyen-Orient, et de l’absence totale de stratégie de la part des monarchies réactionnaires, et de leur fuite en avant dans les bras de l’État sioniste.

 

L’État arabe suivant à annoncer en octobre la normalisation de ses relations avec Israël est le Soudan[11]. Du fait de son éloignement géographique du Moyen-orient, ses motivations ne sont pas liées à la position régionale de l’Iran, mais à sa situation à la fois intérieure, et internationale. Le Soudan a longtemps été un État plus qu’en difficulté sur tous les plans (pour rester sobre), et sous la coupe des Frères Musulmans, depuis le coup d’État militaire de 1989 par Omar el-Bechir. Mais en mars 2019, des manifestations au contenu plus qu’hétéroclite (des islamistes hostiles aux Frères Musulmans, des libéraux de la classe moyenne éduquée, des progressistes, des syndicalistes et des communistes[12]) ont réussi à obtenir le départ de Omar el-Bechir. Tant que le Soudan était dominé par les fréristes, il était hors de question de reconnaître l’État d’Israël[13], mais leur départ a rebattu les cartes. En effet, le Parlement a été suspendu à partir de la chute de Omar el-Bechir, et ce dernier a été remplacé lors d’un coup d’État militaire par le nouvel homme fort du régime Abdel Fattah al-Burhan, artisan de la reconnaissance d’Israël. Ancien commandant de l’Armée de Terre, Burhan a beau se présenter comme un « indépendant » au-dessus des partis, il n’en est pas moins l’artisan de la coopération militaire du Soudan avec les saoudiens et les émiratis pour intervenir militairement dans la boucherie du Yémen. Bien qu’il ne se présente pas comme un islamiste, il est en réalité totalement aligné sur l’agenda de Ryad et de Dubaï, ce qui en fait un agent objectif et servile de l’impérialisme américain. Au vu de la reconnaissance d’Israël par les EAU, le fait qu’il emboîte le pas n’a rien de surprenant. En clair, le Soudan, lors de ce coup d’État est passé d’un alignement international frériste (Qatar, Turquie) à un alignement plus salafo-wahabite compatible (Arabie Saoudite, EAU) [14]. Bien que cela le mette en difficulté sur le plan intérieur[15], Buhran a choisi de jouer la carte de la normalisation, en espérant que les États-Unis permettront au Soudan en échange de sortir de leur isolement international. Pacte avec le diable dangereux, car il n’est pas du tout sûr qu’il soit payant à long terme. Bien sûr, les bénéfices immédiats n’ont pas tardé, et les États-Unis n’ont pas attendu pour retirer le pays de leur liste noire des « pays soutenant le terrorisme », en levant toutes les sanctions internationales qui y étaient afférentes[16]. Par ailleurs, Israël espère ainsi trouver des débouchés pour ses exportations, et conclure avec le Soudan, et les autres pays qui normalisent leurs relations avec lui, des accords de coopération qu’il vante comme particulièrement juteux. Les principales motivations de Burhan résident dans son impuissance face à la crise économique très grave que traverse le Soudan, et son incapacité totale à mener à bien la transition démocratique pour laquelle il a été mis au pouvoir par le Conseil souverain soudanais (instance politique née d’un compromis entre civils et militaires dans le sillage de la chute de Omar el-Bechir). Le seul bénéfice économique immédiat que peut attendre Burhan de cette normalisation, c’est la sublime possibilité de recevoir l’aide du vampirique FMI ! Quand on connaît les effets des « aides » du FMI, de la Grèce à l’Argentine et à la Côte d’ivoire, on se dit qu’il y a des « aides » dont on se passerait bien…. Pressé par le temps, Burhan doit par ailleurs normalement céder le pouvoir à un civil d’ici quelques mois, et il a les yeux rivés sur l’élection présidentielle qui doit se tenir en 2022 normalement. Il joue donc ici désespérément son va-tout, probablement en vain. Bref, ici encore, la « normalisation » avec Israël n’est que le vernis que l’on appose derrière la pourriture réactionnaire qui cherche désespérément à se maintenir au pouvoir malgré leurs contradictions internes et l’opposition de leur population.

 

Dernier pays en date, le Maroc a reconnu le 10 décembre dernier Israël, et a normalisé ses relations avec lui[17]. Comme le Soudan, le Maroc est trop excentré du Moyen-orient pour que la question iranienne ait pesé véritablement dans la décision royale. De tous les dirigeants du Maghreb, le roi Mohammed VI est sans aucun doute le plus « imperialist-friendly[18] », et le plus prompt à obéir aux injonctions françaises et américaines ; sa décision monarchique n’étonnera donc pas grand monde. Le Maroc se retrouve dans une situation similaire à celle du Soudan : il doit arriver à faire croire à son opinion publique qu’il n’a pas vulgairement marchandé la cause palestinienne, contre quelques concessions immédiates – ce qui relèvera de la gageure, quand bien même son altesse pourrait compter sur l’absurde culte de la personnalité qui lui est rendu. Il devra affronter les islamistes et les panarabistes sur cette question, et éviter d’apparaître comme un « lâcheur » – ce qu’il est pourtant objectivement.

Là encore, les deux points qui ont fait pencher la balance ont été la reconnaissance de la seule souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental par les États-Unis, et les promesses d’investissements par les américains et Israël au Maroc (pour l’instant, trois milliards de dollars d’investissements américains sont prévus). Pour ce qui est du Sahara Occidental, un conflit oppose depuis 1976 le royaume du Maroc aux indépendantistes sahraoui, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis 1991. L’Algérie et la Russie continuent pourtant de soutenir le mouvement indépendantiste luttant pour l’auto-détermination du peuple sahraoui, et le Front Polisario a annoncé depuis Alger vouloir continuer le combat[19]. Cette décision du Maroc l’affaiblit grandement sur la scène politique nord-africaine, en contribuant à donner à l’Algérie le statut de seul État de taille importante de la région à continuer à soutenir la cause palestinienne. En plus de cela, il restera à Mohammed VI le fait d’avoir affaibli politiquement ses alliés[PD1]  islamistes du Parti de la justice et du développement, majoritaire au parlement marocain, en les faisant apparaître comme des islamistes ayant soutenu la normalisation des relations avec Israël, et l’abandon de la cause palestinienne[20].

 

Par-delà les différentes causes locales qui ont pu motiver ces quatre reconnaissances, une seule semble néanmoins les unifier : la clarification des rapports de forces et des clivages dans tout le Moyen-Orient, et dans tout le monde arabe de façon plus large. Un à un, les masques tombent, et les États réactionnaires ne peuvent plus se payer le luxe d’une opposition, même de façade et purement nominale, à l’impérialisme israélien. La puissance colonisatrice est donc devenue un interlocuteur comme les autres, et surtout, un allié de poids dans la lutte contre l’Iran, et ce que l’on a appelé improprement « l’Axe chiite[21] ». On assiste donc surtout à une montée en puissance de la logique du « la barricade n’a que deux côtés » : Israël, ou le front anti-impérialiste. Cette logique est devenue aujourd’hui assez forte pour s’imposer à tous les chefs d’État arabes hypocrites sur le dossier palestinien, qu’ils le veuillent ou non. C’est pour cela que ces normalisations ne seront pas les dernières, et continueront en s’accentuant, jusqu’à ce qu’il ne reste plus un seul État neutre dans la région[22] : tous devront répondre à la question suivante – qui d’Israël ou de l’Iran est l’État le plus à même de garantir la sécurité dans la région ? Et plus encore : l’Iran a-t-il le droit d’être la puissance régionale qu’il mérite d’être ? Tous les États arabes qui répondront par la négative finiront tôt ou tard par, non seulement reconnaître Israël, coopérer avec lui, mais même à terme s’allier à lui militairement. Et ceux qui répondront par la positive, et qui pour préserver leur souveraineté nationale comprendront qu’ils ne peuvent tolérer les agissements impérialistes d’Israël, seront forcés de s’allier avec l’Iran. C’est déjà ce qui s’est passé pour l’Irak : après que les gouvernements successifs ont depuis 2004 fait tant de contorsions humiliantes et soumises au pouvoir américain, nous avons vu début 2020 comment celui-ci les a remerciés : en assassinant sur leur territoire des dirigeants politiques de premier plan irakiens et iraniens[23]. Israël a d’ailleurs conscience de la situation, et continue ses menées belliqueuses contre l’Iran avec une rage redoublée. Le dernier exemple en date est l’assassinat proprement terroriste et mafieux par le Mossad[24], sur le sol iranien, de Mohsen Fakhrizadeh, un physicien responsable du nucléaire iranien[25].

Or, la montée en puissance d’une telle logique « campiste » (il faut choisir un des deux camps en présence, et il est impossible d’être neutre) ne peut qu’inquiéter les partisans de la paix dans la région, car lorsqu’il devient impossible d’être neutre, c’est qu’une guerre se prépare objectivement. Ou qu’en tout cas, les potentialités qu’éclate un conflit ouvert deviennent de plus en plus exponentielles, même si cela peut prendre beaucoup de temps. Nous avons expliqué ailleurs[26] les raisons internes et externes qui interdisaient à Israël, au vu de son organisation actuelle, de ralentir le rythme débridé de son impérialisme. Il y donc tout à parier pour que les logiques objectives mises au jour ici continuent à croître et à gagner en intensité.

 

Les deux prochains pays arabes à surveiller de près sur la question de leurs relations à Israël seront l’Égypte et l’Arabie saoudite. L’Égypte, parce qu’elle est un géant démographique de la région, et que malgré sa paix ancienne signée avec Israël[27] (1978), sa population hait toujours profondément ses gouvernements soumis à l’impérialisme américain et israélien[28]. Pour preuve, la seule fois où les égyptiens ont eu le droit de voter dans des élections non-truquées, ils ont hégémoniquement voté pour des candidats anti-sionistes, et hostiles à la paix avec Israël[29]. Celui-ci sait donc qu’il ne peut avoir la paix avec son voisin égyptien que tant qu’il existe en ce dernier un régime militaire autoritaire, anti-démocratique, et réprimant la volonté populaire sous une botte de fer. Le maréchal Al-Sissi est donc plus qu’isolé sur la scène politique intérieure égyptienne dans son soutien à Israël, et l’évolution interne de l’Égypte dans les années à venir, elle que l’on maintient artificiellement et par la force dans un état d’arriération, sera plus qu’intéressant à suivre.

Reste la question de la position de l’Arabie saoudite envers Israël. Fondamentalement, l’ennemi numéro un de la dynastie des Séouds reste l’Iran. Elle devra donc se plier à la force de la logique décrite plus haut, incliner in fine envers Israël. Elle s’y refuse pourtant pour l’instant, et cette question constitue une lutte de pouvoir sans pitié au sein de la famille régnante[30]. Réunis autour du jeune et fringuant Mohammed Ben Salmane (« MBS » comme on l’appelle), une partie des Séouds aimerait bien imiter les EAU. Mais la vielle garde se montre réticente, et rechigne à suivre le mouvement. Il faut dire que le mouvement salafo-wahabite a tout à perdre dans cette clarification. S’il reconnaît Israël, il donnera raison à son frère ennemi, les Frères Musulmans pilotés depuis le Qatar, et se discréditera durablement dans le monde arabe. Ici comme ailleurs, « on ne sort de l’ambiguïté qu’à ses dépens ». D’autant que le Qatar continue ces derniers mois ses rapprochements avec l’Iran[31]. Par le jeu de la concurrence, comme sur des parts de marché, les Séouds pourraient donc avoir quelque intérêt à maintenir leur position hypocrite, malgré les dents longues des jeunes loups menés par « MBS ». Seulement, pour ce dernier, la défaite de Trump a peut-être signé la fin prématurée de sa carrière politique en Arabie Saoudite. « MBS » n’est qu’une création de Jared Kushner - gendre de Trump, le poulain qu’il a choisi au sein de la famille royale, car il était celui qui convenait le mieux aux intérêts américains du moment. Le plus belliqueux sur le dossier yéménite aussi, et le plus sanguinaire. Le quelque chose de pourri [PD2] au royaume des Séouds pourrait bien continuer encore son processus de décomposition pendant quelques temps. Mais viendra un temps où il faudra affronter les contradictions objectives de la géopolitique. Il est dit quelque part[32] dans le Coran que Dieu n’aime pas la pourriture. On dirait que les despotes des pays arabes réactionnaires si, en revanche – mais ce n’est pas le jugement dernier qui le leur fera payer, mais la juste colère des peuples et du prolétariat arabe.

 

[3]Frérisme d’ailleurs plus que jamais menacé d’explosion sur le plan international ; tiraillé qu’il est entre d’une part un Qatar qui se rapproche de l’Iran, un Hamas qui ne sait plus quelles relations avoir avec lui (mais qui refusent tous deux de reprendre des relations avec la Syrie baasiste), et d’autre part une Turquie erdoganisée, de plus en plus hostile à la Syrie et à l’Iran, du fait de son appartenance à l’OTAN. Cette divergence se retrouve dans les rapports avec Israël : intransigeants pour les premiers, et assez indifférents pour le second.

[5]A ce titre, que l’on imagine seulement la puissance actuelle de l’État irakien si les colonisateurs n’avaient pas pu le séparer artificiellement du micro-Koweit (3 % des réserves mondiales de pétrole !). Cette immense richesse aurait pu être investie dans des infrastructures performantes, qui auraient pu servir grandement dans les phases socialisantes qu’a connues le pays.

[6]Du fait des besoins d’une immigration principalement industrielle, le ratio homme/femme est aux EAU de 264/100, ce qui fait un pourcentage total de 72,5 % d’hommes, laissant la plupart des immigrés sans aucune possibilité de pouvoir bâtir une famille.

[7]Depuis 1979, l’Iran n’a jamais déclenché une seule guerre, et son système militaire, qui repose sur la dualité entre l’armée régulière (l’AJA) et les Pasdarans (les « gardiens de la révolution ») est totalement orienté vers une sanctuarisation du territoire national, et une consolidation des régimes alliés limitrophes. On aimerait pouvoir en dire autant d’Israël (en guerre ininterrompue depuis sa création avec à peu près tout le monde !), et des pétromonarchies, qui, lorsqu’elles ne financent pas tous les fous furieux islamistes en Syrie ou en Afghanistan, massacrent les populations yéménites avec du matériel militaire made in OTAN… Accuser l’Iran de vouloir la guerre relève donc de la grossière inversion accusatoire : ceux qui la professent ne veulent pas la guerre, ils la font tout simplement !

[8]On compte entre 60 et 70 % de chiites au Bahreïn, la majorité des autres sunnites étant des immigrés musulmans. La population arabe locale sunnite est donc très restreinte, et se concentre surtout dans les sphères royales.

[12]Beaucoup de communistes ayant été libérés de prison à l’occasion de cet épisode révolutionnaire, ils ont pu commencer à reconstituer un parti communiste soudanais, qui n’avait pas pu se maintenir avec la répression de el-Bechir.

[13]Rappelons que statutairement le Hamas n’est que la section palestinienne du mouvement international des Frères Musulmans.

[15]L’opinion publique soudanaise est en effet totalement opposée à la reconnaissance d’Israël, soit par islamisme, soit par panarabisme. Par ailleurs, la normalisation ne peut être légalement ratifiée et rendue effective que par le Parlement… lequel est toujours maintenu dissous par Burhan depuis mars 2019 ! En jouant cette carte américano-israelienne, Burhan court donc le risque, soit de devoir normaliser très rapidement et à ses risques la situation démocratique du pays, soit d’assumer ouvertement de faire exploser tout semblant de cadre légal et constitutionnel, ce qui est plus que risqué, même pour un régime militaire. On comprend donc que son premier ministre, Abdallah Hamdok, préfère botter en touche et temporiser sur ce sujet explosif. Ce qu’il ne pourra pas faire éternellement.

[18]« Impérialisto-compatible »

[21]En vérité, il faudrait bien plutôt parler d’un large front objectif anti-impérialiste, radical dans son opposition à Israël et aux États-Unis, et uni sur des bases assez floues, et un fond de chiisme, ou « chiismo-compatible ». Rendre la question purement communautaire en son essence est encore une mystification de la presse bourgeoise.

[22]Oman excepté, pour de très vielles raisons historiques.

[23]Notamment le général Soleimani, dirigeant des Pasdarans, et Al-Mouhandis, alors numéro 2 des Hachd al-chab

[24]Méthodes tellement crapuleuses que même l’ancien directeur de la CIA d’Obama, John O. Brennan, a qualifié cette opération de « criminel », et de « très imprudente » ! En la matière, c’est pourtant un expert qui parle...

[27]Une « paix » de brigands comme l’aurait toutefois dit Lénine

[29]Lors de l’élection présidentielle de 2012, marquée par une participation historique, le candidat des Frères Musulmans obtient 24 % des voix au premier tour, et le candidat nassériste 20 % – le candidat du régime de Moubarak obtenant 23 % des voix.

[32]II, 205

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ANIMALERIE EYDENN 11/01/2021 13:15

Merci pour cet article, au plaisir de vous voir.