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JRCF

100 ans du Congrès de Tours : Clara Zetkin

100 ans du Congrès de Tours : Clara Zetkin

Née le 5 juillet 1857 à Wiederau (Saxe) et morte le 20 juin 1933 à Moscou, Clara Zetkin fut députée au Reichstag, membre du Comité exécutif de l’IC, présidente du Secrétariat féminin, mais aussi présidente du Secours rouge international.

Fille d’instituteur, formée dans un institut pédagogique dirigé par une militante féministe, Clara Zetkin adhéra à la social-démocratie en 1878 et vécut pendant l’interdiction du Parti d’abord en Autriche, puis à Zurich et Paris. En 1889 elle fit partie du comité d’organisation du congrès fondateur de la IIe Internationale réuni à Paris et elle présenta le rapport sur le mouvement prolétarien des femmes. Elle dirigea à partir de sa fondation en 1907 le Secrétariat féminin international qui constitua l’embryon d’une Internationale des femmes et propagea la célébration de la Journée des femmes. Elle prononça en 1912 au congrès socialiste extraordinaire de Bâle l’Appel aux femmes pour empêcher la guerre. Et ce fut encore elle qui réunit en mars 1915 en Suisse une conférence internationale des femmes, initiative parallèle aux conférences de Kienthal et de Zimmerwald qui conduisit à son incarcération. Clara Zetkin fit partie avec Rosa Luxemburg, Karl Liebknecht et Walter Mehring de l’aile gauche de la social-démocratie depuis la lutte contre le révisionnisme théorique de Bernstein au début du siècle jusqu’au vote des crédits militaires en août 1914 et à la formation du groupe Spartacus.

Lors de la formation de l’Internationale communiste, Clara Zetkin fut la figure la plus connue et la plus prestigieuse du mouvement ouvrier occidental qui rallia la nouvelle Internationale. Liée à Lénine, elle n’exerçait aucun mandat international en 1920. Le Comité exécutif la pria néanmoins de faire partie du Secrétariat d’Europe occidentale, sans doute en prévision des congrès des Partis allemand, français et italien, où devait se jouer l’adhésion à la IIIe Internationale.

Quand le congrès du Parti socialiste indépendant d’Allemagne décida, le 17 octobre 1920 à Halle, d’adhérer à l’Internationale communiste et de fusionner avec le KPD, Clara Zetkin se trouvait encore à Moscou. Elle fut présente du 4 au 7 décembre 1920 à Berlin pour le congrès de la réunification et fut élue au secrétariat. Avec la constitution du Parti communiste unifié d’Allemagne, le premier Parti communiste occidental disposant d’un appui des masses était né.

Toutefois, si nous parlons d’elle aujourd’hui – parmi ses nombreux mérites – c’est pour son rôle joué dans la création du PCF. Interdite de séjour en France, Clara Zetkin arriva à Tours, le 27 décembre 1920, pour participer aux débats du Parti socialiste. Déjouant la surveillance policière, elle apparut à la tribune, après que la salle eut été plongée dans le noir. Elle prononça un discours dur, dénonçant les illusions parlementaires, proclamant sa foi dans la révolution mondiale et reprochant aux ouvriers occidentaux de ne pas avoir fait leur devoir. Elle récolta les applaudissements d’une salle conquise.
C’est par la filière de La Vie ouvrière et grâce à l’aide d’un syndicaliste révolutionnaire de Longwy lié à Rosmer, Auguste Mougeot, que Clara Zetkin était venue à Tours. C’est par le même itinéraire qu’elle quitta la France sans être ni reconnue ni arrêtée par la police. À Thionville, elle monta sur une locomotive conduite par un cheminot luxembourgeois, Franz Neu, ce qui lui permit de répéter le coup de théâtre de Tours, quatre jours plus tard, au congrès du Parti socialiste luxembourgeois réuni à Differdange. « Quelle impression fait-elle ? Une femme du peuple, plutôt âgée, pas très grande, pas très belle. Il faut l’avoir entendue, avoir vu sa mimique, les éclairs dans ses yeux, ses gestes. C’est comme si un démon s’était tout à coup emparé de cette personne parlant à travers elle avec des langues de feu » (Escher Tageblatt). La célèbre oratrice fascina, mais n’arriva pas à convaincre cette fois-là.

 

Elle fut un éminent membre du Parti Communiste Allemand (KPD), même si les relations conflictuelles avec la direction entraînèrent son éviction à deux reprises du Comité central, en 1923 et en 1929. Députée allemande particulièrement combative, on doit aussi à cette militante féministe prolétarienne, dont les JRCF ont déjà pu faire une vidéo hommage, la célébration du 8 mars comme journée internationale des droits de femmes.
Réélue au Reichstag en 1932, Clara Zetkin prononça, en tant que doyenne, son dernier discours devant une assemblée dominée par les nazis en uniforme. Déjà gravement malade, elle mourut à Moscou peu de mois après l’arrivée au pouvoir de Hitler.

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