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JRCF

Ne pas faire la leçon aux jeunes

Ne pas faire la leçon aux jeunes

Lors de son intervention télévisée du 14 octobre, le locataire de l’Elysée a déclaré « c’est dur d’avoir vingt ans en 2020. Donc je ne donnerai jamais la leçon à nos jeunes. », puis a continué en disant qu’il comprenait l’angoisse de cette partie de la population à propos des examens ou de l’absence de perspective d’emploi. Peut-être se remémore-t-il ses dures années d’études avec seulement 1000 euros par mois ? En tout cas, lors de cette même intervention, il avait évoqué une aide de 150 euros et de 100 euros par enfants pouvant être versée y compris à ceux touchant les APL. Le jour suivant, se rendant compte de sa bourde, le gouvernement a reculé et a dit qu’il n’en était pas question. Cependant, face à la grogne des associations comme la Fondation Abbé Pierre, Jean Castex a annoncé le 18 octobre que les personnes touchant l’APL auront droit aussi à cette aide (soit environ 400000 jeunes).

La précarité étudiante est assez importante. L’Inspection générale des affaires sociales avait publié en 2015 un rapport révélant qu’un cinquième des étudiants vivaient sous le seuil de pauvreté – époque où un certain Macron était ministre de l’économie –, c’est-à-dire avec moins de 987 euros par mois. En 2016, c’était 22 % des étudiants qui annonçaient avoir eu des grosses difficultés financières selon l’Observatoire national de la vie étudiante. Face à ce manque de revenu, en 2016 c’était 46% des étudiants qui travaillaient à côté des études. Ceci est un facteur d’arrêt des études pour beaucoup.

Ce problème d’argent est dû à plusieurs facteurs comme la hausse des deux dépenses les plus importantes dans un budget étudiant, les transports et le logement, mais aussi avec la baisse générale du pouvoir d’achat. Fort à parier qu’avec le projet à long terme d’études réellement payantes[1], la précarité étudiante va encore augmenter… C’est donc avec ce contexte là que vient s’ajouter la crise du coronavirus, où certains étudiants se sont retrouvés cloîtrés dans du 9m2 pendant le confinement et s’y retrouve à nouveau à partir de 21h dans la région Île-de-France et certaines métropoles.

Nous avions déjà répondu au fameux plan « 1 jeune, 1 emploi » dont le gouvernement nous vante l’utilité pour les jeunes alors qu’elle va favoriser les contrats précaires seulement en « incitant » les employeurs à embaucher[2].

Répondons à ce cher Emmanuel Macron que ne pas nous faire la leçon est une chose, ne pas aggraver la situation en est une autre. S’il veut vraiment aider la jeunesse, qu’il fasse donc baisser le prix du logement (devenant hallucinant dans certaines grandes villes au vu de l’état du dit logement) et des transports, qu’il arrête de retirer les aides aux jeunes et améliore sensiblement à la fois le prix des bourses et leur versement.

Nous appelons nos jeunes de France à se solidariser avec les travailleurs en voie de licenciement partout en France, car c’est aussi leurs droits futurs de travailleurs qui sont attaqués. De même qu'à combattre partout la désindustrialisation de notre pays, à se montrer solidaire des soignants en manque de lits et sans augmentation de salaires, avec nos camarades travailleurs sans papiers pour leur régularisation. La précarité étudiante n’est pas une fin en soi, elle est construite, voulue, il faut se battre pour obtenir des meilleures conditions de vie.

 

Ambroise-JRCF.

 

[1] « Le plan antisocial prévu par un conseiller LREM contre l’enseignement supérieur », JRCF, 29/12/2017.

[2] « La jeunesse post-confinement face au marché du travail », JRCF, 22/09/2020.

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