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Les Inrocks, journal communiste ?

Les Inrocks, journal communiste ?

Les Inrocks, journal du milliardaire Mathieu Pigasse (qui le possède à 78%), publie un article sur le dernier livre du penseur marxiste Slavoj Zižek intitulé L’actualité du manifeste de parti communiste. Voilà qui a tout lieu de nous interroger. L’ami Pigasse serait-il devenu un fervent bolchevik ?

Voilà ce que l’on peut trouver dans cet article:

Marx lui-même a parfois sous-estimé cette capacité de l’univers capitaliste à intégrer le besoin de transgression qui semblait le menacer”, écrit Zizek. Le capitalisme est en effet passé maître dans l’art de transformer la révolution en un “spectacle extrêmement rentable” (selon le philosophe Francesco Masci dans son Traité anti-sentimental, éd. Allia, qui paraît concomitamment). Le constat est donc pessimiste."

Voilà qui dénote d’une ironie absolue. Le journal de gauche libérale-libertaire se fend d’un article “anticapitaliste” dans lequel est expliquée la capacité du capitalisme à faire de l’intégration par la transgression. Acheter les Inrocks aujourd’hui pour certaines personnes c’est faire un acte de résistance anticapitaliste… au profit d’un milliardaire.

Si nous ne faisons pas à Zižek le procès d’être un ennemi du communisme, nous ne pouvons que déplorer son apparition dans les Inrocks. Ce faisant il se fait l’avatar même de ce qu’il prétend dénoncer. Si cela peut amener des personnes bien intentionnées à se questionner sur le capitalisme, tant mieux. Comme le disait Lénine : “Les capitalistes nous vendront la corde avec laquelle nous les pendrons”.

Mais ce qu’il y a de plus problématique c’est la vision capitalo-compatible que peut distiller le journal sur la base des écrits de Zižek. Ce pessimisme affirmé est le produit de l’effondrement du bloc communiste d’une part, de l’autre part de la déroute intellectuelle du fait du structuralisme (aujourd’hui déliquescent) des sciences sociales dominantes. La conception structuraliste qui évacue toute idée de sujet (on se souvient du mot d’Althusser, “L’histoire est un procès sans sujet.”) donc toute idée de volonté politique effective n’a pu donner naissance pour le marxisme qu’à une série d’âneries dans lesquelles le prolétariat en tant que sujet révolutionnaire s’est effacé. Preuve en est que dans le récent “manifeste” du PCF-PGE, le mot “prolétariat” ou “prolétaire(s)” n’apparaît pas une seule fois.

Aujourd’hui on réalise que le sujet révolutionnaire existe bel et bien, que le socialisme ne viendra pas par la force surnaturelle des choses, comme une téléologie du capitalisme dont il suffirait d’attendre l’avènement. La révolution ne se décrète pas, elle se fait dans la pratique ! Et c’est peut-être cela qui fait peur au public tendanciellement petit-bourgeois des Inrocks : il faut travailler à la révolution pour faire la révolution, et dans ce travail la classe ouvrière doit prendre la direction des choses, ce que les exégètes de la “pop culture” ont sans doute bien du mal à concevoir, du haut de leur éducation.

Pour celles et ceux qui ont compris qu’une révolution est un combat de tous les jours, nous proposons l’adhésion au PRCF. Pour les autres, nous demandons le temps que le réel apporte les preuves du besoin vital de révolution socialiste.

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