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Le communisme n’est pas un anticapitalisme comme les autres

Vous avez sans doute déjà eu l’occasion d’entendre des gens autour de vous se réclamer de “l’anticapitalisme”. On peut entendre ce mot un peu partout à gauche, des militants Europe-écologie-les-verts jusqu’aux franges les plus “radicales” du militantisme estudiantin. Les communistes quant à eux voient la contradiction entre capital et travail comme la contradiction principale de notre temps, celle autour de laquelle doit se tourner - et en dernière analyse autour de laquelle tourne effectivement - toute lutte politique. Les communistes sont donc anticapitalistes, mais alors pourquoi ne trouvent-ils pas leur compte dans le discours anticapitaliste qui se trouve ailleurs ? Ne serait-ce pas une exigence réaliste que de rejoindre des organisations plus puissantes qui portent déjà les termes de l’anticapitalisme ? Ou le problème est-il ailleurs ? Y a-t-il une différence fondamentale entre anticapitalisme et communisme qui justifie que l’on revendique le second contre le premier ? Nous allons voir que c’est cette deuxième option qui l’emporte.

Commençons par voir ce que disent les termes. L’anti-capitalisme, avec son préfixe “anti-” signale une chose : une opposition. Si l’on s’en tient aux termes on peut donc déduire qu’être anticapitaliste n’implique pas de savoir quoi mettre à la place du capitalisme une fois celui-ci détruit, il suffit pour être anticapitaliste d’être opposé à ce que l’on appelle le capitalisme.

Le socialisme-communisme contient dans les termes un projet positif. Le socialisme comme mode de production implique la fin du capitalisme en même temps que la construction d’un autre mode de production. Et c’est bien là que le bât blesse nos “anticapitalistes”.

Si nous ne faisons pas ce procès aux anticapitalistes éclairés, il en est néanmoins beaucoup pour ne pas savoir ce qu’est le capitalisme en termes scientifique. Aussi est-il crucial de savoir débusquer ceux qui vous parlent de fin du capitalisme sans parler de fin d’exploitation de l’homme par l’homme, sans parler de remise en cause de régime de propriété bourgeois, sans parler de rapports de production ni de développement des forces productives… En somme ils ne parlent pas de communisme, ils ne parlent pas en communistes.

Comme souvent lorsque la forme trahit le fond, l’anticapitaliste peut s’évertuer face au “pouvoir de l’argent” ou autres slogans gauchistes, tout ce qu’il trahit est sa propre faiblesse intellectuelle. Prenons l’anticapitalisme dans sa pire forme, celle qui ne propose rien que “l’abolition du capitalisme” pour ce qu’il est: un contenu vide de sens, qui a historiquement fait le lit du fascisme. Il faut lire le programme du parti Nazi pour s’en convaincre : l’anticapitalisme a bon dos, le marxisme en tant qu’anticapitalisme conséquent et scientifique est pour le moins bien plus difficile à accepter par la bourgeoisie.

Il est néanmoins des anticapitalistes qui vont jusqu’au bout de leur logique et intègrent le critère fondamental du mode de production. Concevant le capitalisme comme un mode de production, ils voient qu’il faut bien un “après”, qu’il faudra bien produire une fois le capitalisme mort et enterré.

Ayant acquis le strict minimum de rigueur scientifique, ceux-là ont deux possibilités : devenir communistes, ou créer leur propre version de l’anticapitalisme en partant dans des digressions théoriques pas inintéressantes mais pratiquement ineptes. De cette seconde espèce sont beaucoup de gens qui aujourd’hui se revendiquent de “l’écosocialisme”. Qu’est-ce qu’un mode de production écosocialiste ? En quoi diffère-t-il du socialisme “classique” dans lequel les moyens de production sont possédés en commun ? Serait-ce que justement l’écosocialisme ne remet pas en cause le régime de propriété capitaliste ?

Cessons d’ironiser et voyons les choses en face : si vous voulez la fin du capitalisme et que votre pensée possède une certaine cohérence vous êtes parmi les communistes. Si votre anticapitalisme ne repose que sur une détestation du “pouvoir de l’argent”, si vous pensez que la dictature du prolétariat est incompatible avec le socialisme réel, vous pouvez à bon droit vous appeler “anticapitaliste”. Mais d’un anticapitalisme qui n’est pas le nôtre et ne nous intéresse que peu. Apprenons à nous méfier des mots et de ce qu’ils cachent. Apprenons à nous exprimer clairement, à penser clairement. Voilà ce qui peut nous aider à sortir d’un anticapitalisme primaire, d’une radicalité de confort, pour entrer à pieds joints dans le “mouvement réel qui abolit l’ordre des choses existant”, dans le communisme.

Le communisme n’est pas un anticapitalisme comme les autres
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