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Silence, des travailleurs meurent !

« Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. »

Cette phrase prononcée par Emmanuel Macron avant l’élection présidentielle a provoqué la polémique. En effet, qu’est-ce que cela signifie ? Qu’au fond les salariés ne sont que des privilégiés par rapport à ces « pauvres » patrons ? Qu’il ne leur arrive pas grand-chose tellement ils sont gavés de la sécurité du travail en France ?

C’est ce genre de phrase qui a donné l’envie à un enseignant, Matthieu Lépine, de parler des accidents du travail, de les recenser, d’abord sur son blog, puis sur sa page Facebook et enfin sur Twitter.

Il montre que les accidents du travail sont beaucoup plus réguliers que l’on ne le laisse présager. D’ailleurs, de quelle source se sert-il pour faire ce recensement ? C’est assez simple, il prend cela dans les journaux, car les informations ne sont pas cachées, elle ne sont simplement pas mises en relation. Visiblement, cette question n’intéresse pas les grands médias, toujours prompts à défendre n’importe quel projet de réforme du travail allant dans le sens de l’employeur, à parler des violences en manifestation ou de la non-modernité des syndicats (les seuls à rappeler ces accidents du travail).

Afin de mieux vous montrer l’ampleur des accidents du travail en France, voici deux graphiques respectivement sur les accidents du travail graves ou mortels en France en mai et juin 2018 :

On remarquera pour ces deux périodes la surreprésentation des ouvriers parmi les victimes, travailleurs dont on nous fait croire la disparition en France.

Cela ne s’arrête pas là, comme on le voit dans le graphique plus bas, si l’on prend les chiffres de 2014, la France a le plus grand taux d’accidents mortels au travail dans l’Union européenne. Nous sommes donc bien loin des légendaires privilèges des salariés en France, beaucoup trop protégés.

Il ne faut pas penser non plus que tous les accidentés sont des personnes vieilles, car nous trouvons aussi beaucoup de jeunes parmi les victimes.

Le 14 février dernier, un jeune de 17 ans en formation dans une entreprise de charpentes est passé au travers d’un toit et a chuté de 6 mètres sur un sol en terre. Il n’y pas si longtemps, un apprenti bûcheron de 17 ans a été blessé par la chute d’un arbre.

La semaine dernière, deux jeunes pompiers de 20 et 21 ont été grièvement blessés par un incendie, dont un à plus de 60%.

On ne saurait aussi oublier Franck Page, ce jeune livreur pour Uber Eats, étudiant à Bordeaux, mort dans un accident de voiture alors qu’il allait livrer une course. Son travail précaire l’a tué.

Matthieu Lépine réalise à chaque fin de semaine un récapitulatif des morts causés par les accidents du travail. La semaine dernière, trois ouvriers d’une cinquantaine d’années mourraient, ainsi qu’un chauffeur routier et un employé municipal. La semaine précédente, c’étaient trois ouvriers encore qui mourraient alors que l’un avait 27 ans et les deux autres 39 ans. Un forain et un agriculteur aussi se trouvaient dans ce récapitulatif macabre.

Tous ces morts, ces blessés, ce sont ceux de l’exploitation capitaliste ; de la surexploitation de la force de travail pour faire du surprofit. Ce surprofit qui est injustement récupéré par les patrons comme leur bien propre alors que ce sont leurs ouvriers et les employés qui ont produit ce profit par leur seule force de travail.

Face à cette exploitation qui fait courir toujours plus de dangers aux travailleurs tout en les dépouillant de leur production, il faut passer à la socialisation de la production, bref au socialisme, pour que le profit ne passe plus dans seulement quelques mains, mais profite à tous, et pour remettre en place une inspection du travail efficace protégeant véritablement les salariés.

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