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Grand Paris : bouleversement démographique dans l’Île-de-France

Grand Paris : bouleversement démographique dans l’Île-de-France

Selon une étude de l’INSEE ayant fait l’objet d’un article dans le Parisien (30 juillet 2018), la population de la région la plus riche de France devrait gagner en millions en 2050, mais attention, avec des disparités dans le territoire !

Premier constat, même si ses habitants vont augmenter, la région est nettement moins attractive qu’auparavant. Et c’est notamment le cas de Paris, qui perd en population. Excepté les DOM, l’IDF est la région de France métropolitaine qui perd le plus d’habitants au jeu des migrations. Selon l’INSEE c’est 60 000 personnes que la région perdra par an à cause du stress de la vie parisienne (on va y revenir).

Deuxième constat, la région vieillit, même si elle reste encore la plus jeune de France. Aujourd’hui la moyenne d’âge d’un francilien oscille entre 37,4 et 40,2. En 2050 elle passera à 41,7 et 44, 8. Pour Paris, en 2030, les plus de 65 ans seront plus nombreux que les moins de 20 ans.

Dernier constat, la Grande couronne (Seine-et-Marne, Val d’Oise, Essonne et Yvelines) vont connaître une progression démographique. Le nombre d’habitants devrait passer de 5,2 millions (chiffre de 2013) à 5,9 millions en 2050. Ce n’est pas une surprise, depuis les années 70 elle augmente de 10% par rapport à Paris et à la Petite couronne (Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis et Hauts-de-Seine). Globalement, c’est la Seine-et-Marne (77) qui devrait récupérer le plus grand nombre de personne avec l’Essonne.

Qu’est-ce que l’on peut en conclure ?

D’abord, les chiffres avancés de l’INSEE ne sont pas clairs : de quelle classe sociale sont les personnes qui partent ? Ou pour employer un langage un peu plus châtié : quel est leur groupement sociologique ?

Nous constatons que la majorité des gens qui partent de l’IDF sont de deux sortes dans la majorité : la petite-bourgeoisie fuyant le stress de la  vie parisienne pour celle de la campagne et, pour certaines régions, rachetant les maisons des gens du coin, créant de l’animosité envers ces nouveaux arrivants (la Corse). De l’autre côté, une population paupérisée qui doit s’éloigner de plus en plus du centre parisien, jusqu’à finalement quitter la région.

Ensuite à propos du déplacement au sein de ce territoire. Nous dénonçons la métropolisation de la capitale. En effet, celle-ci entraîne la disparition de la production et l’arrivée de plus en plus massive d’un capitalisme de service de plus en plus parasitaire. Le quartier d’affaire de la Défense étant un bon exemple, lui qui va voir arriver bientôt l’assureur américain Chubb et l’Autorité bancaire européenne. A cela s’ajoute la création de nouveau logement plus « verts » (même si on peut en douter) qui augmente le prix du foncier, entraînant l’augmentation du coût du logement à Paris et le départ en périphérie des prolétaires parisiens*. Ainsi, Paris s’embourgeoise au profit d’une petite-bourgeoisie pseudo-progressiste (elle est tolérante, solidaire, écologiste et parait-il créative) qui tend à rester confiner avec les siens. Bien sûr, il faut encore des métiers déqualifiés pour servir cette bourgeoisie parisienne. Heureusement, le Grand Paris express sera là pour leur permettre de se déplacer et travailler (même très éloigné de la capitale) dans Paris.

Ce n’est pas tout car la capitale ne saurait contenir toute la population des « bobos ». Alors ils se rabattent sur la proche banlieue, sur la Petite couronne qu’elle colonise, faisant augmenter les prix et amenant sa population originelle et prolétaire à s’éloigner du centre. Il est donc normal que la croissance démographique de la Grande couronne soit beaucoup plus importante que celle des autres départements !

Le PRCF d’Île-de-France, présent dans les luttes, se positionne radicalement contre le projet du Grand Paris qui permet cet embourgeoisement de la capitale et par là-même la destruction du Paris populaire et révolutionnaire, celui des jacobins, de la glorieuse Commune et de l’insurrection libératrice de 1944 ! De même nous nous positionnons pour un vrai transport public du rail qui ferait toute la région (le Grand Paris express), même si nous ne saurions soutenir le projet idéologique derrière, les coûts exorbitants ou encore l’utilité de certaines gares.

Récupérons la maitrise de notre territoire et faisons disparaître ce projet mortifère !

 

*Pour comprendre un peu ce que sont les prix de l’immobilier à Paris et dans ses départements, voir Challenges, « Prix de l’immobilier : un marché à deux vitesses entre Paris et la banlieue », du 22 février 2018.

 

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