Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
JRCF

Les gilets jaunes se veulent révolutionnaires, la bourgeoisie vitupère, par Thibaud

Les gilets jaunes se veulent révolutionnaires, la bourgeoisie vitupère, par Thibaud

  Nous publions l'avis d'un camarade des JRCF sur les manifestations des gilets jaunes hier à Paris. Pour connaître l'avis du Pôle sur la question et sur le soutien qu'il apporte à ce moment, se rendre sur le site Initiative communiste.

  Le PRCF et les JRCF se sont d'ores et déjà rendu à plusieurs rassemblements des gilets jaunes et blocages, que ce soit en Bretagne, vers Bordeaux ou n'importe où en France.

Mise à jour sur l’état de la lutte.

  La journée de mobilisation de ce samedi 24 novembre n’a pu laisser personne indifférent. L’avenue des Champs-Elysées a été investie par des milliers de manifestants toute la journée, dans un déchaînement de fureur populaire qui a laissé un terrain dévasté : des barricades tous les 30 mètres, des feux, des pavés lancés sur les CRS.... Cela est d’autant plus impressionnant que la manifestation devait être circonscrite au Champ-de-Mars (d’après la volonté du gouvernement), alors qu’elle s’est étendue dans de nombreux points de la capitale, et pas seulement sur la “plus belle avenue du monde”, qui a encore le visage écorché de la révolte à l’heure où j’écris ces lignes.

 Partout ailleurs en France, ce sont plusieurs centaines de points de rassemblement qui ont été animés par le mouvement. Difficile pour l’heure de chiffrer la force à l’oeuvre. Ce qui est certain c’est que le succès de l’opération est numériquement indéniable. On ne prend pas les Champs avec moins qu’une “armée”. Bien sûr l’Elysée n’a pu être atteint, car notre “armée” n’a pas une once de discipline ni d’organisation. Comment pourrait-il en être autrement, alors que marchaient côte-à-côte les “blacks blocs” de la “gauche radicale” et des nazillons arborant drapeaux frappés du sacré-coeur ? La décomposition politique et idéologique des masses populaires a atteint un stade avancé, mais les lignes se clarifient doucement, en sous-texte de ce que répètent les chiens de garde médiatiques.

 

Un cortège contre l’autre ? La farce du sociétal libéral

 

  Ce que la caste médiatique tente d’inculquer comme idée c’est que les gilets jaunes ne sauraient en aucun cas être progressistes parce qu’ils comportent des éléments droitiers ou fascistes, qu’ils ne sont absolument pas l’immense majorité des Français, avec toutes les contradictions que cela implique. Les gilets jaunes, minorité droitière ? Pourrait-on croire que leurs sympathisants (77% de la population selon le Figaro) sont tendanciellement de droite ? Aucune étude sérieuse ne peut pour l’heure confirmer ou infirmer cela. Il est en revanche certain que toutes les tactiques sont bonnes pour les empêcher de devenir une force révolutionnaire progressiste.

  Le nombre officiel de 23 000 manifestants dans toute la France était encore dans les titres de presse jusqu’à une heure très tardive. Les estimations actuelles sont autour de 100 000. Pour un mouvement qui est soutenu par 77% des sondés d’un panel. En admettant une erreur de 10% sur cette estimation, en l’appliquant uniquement à la population active, on arrive à plus de 17 millions de soutiens pour le mouvement. Sur lesquels 100 000 seulement se seraient mobilisés. Même un calcul aussi grossier dévoile la supercherie.

  Les falsifications numériques ne sont bien sûr pas les seules, il y a celles idéologiques mentionnées plus haut. Il est à ce titre intéressant de noter qu’une manifestation féministe contre les violences sexistes se tenait au même moment dans la capitale. Des camarades du PRCF y étaient d’ailleurs présents, dont certains sont allés rejoindre les gilets jaunes. Cela nous permet de développer un point important : alors qu’une grande part des couches sociales de gauche plus ou moins radicale et plus ou moins embourgeoisée se rassemblent autour de revendications sociétales telles que celles des féministes, elles sont sans cesse écartées de la “grogne” populaire qui a embrasé les Champs-Elysées. Ecartées par l’action des médias dominants, qui mettent une énergie considérable dans leur entreprise de propagande visant à droitiser les gilets jaunes à outrance, elles ne se reconnaissent pas dans un mouvement “macho”, “anti-écolo”, etc. Cela nous montre une chose : que la bourgeoisie au pouvoir craint par-dessus tout la convergence des deux blocs sociaux qui sont ceux d’une France prolétaire - dans les grandes lignes - en passe de devenir révolutionnaire, capable d’assumer l’héritage de 1789, et d’une France gauchiste ou marxisante capable de porter et de revendiquer 1917, alors que le pouvoir capitaliste tente à chaque instant de diviser la lutte en opposant social et sociétal, alors que les deux sont fondamentalement inséparables. Ce sont ces deux blocs qui se sont exprimés, sous des formes insuffisantes, parcellaires, d’une manière infiniment plus complexe et contradictoire que ce que cette analyse sommaire “à chaud” peut révéler.

 

 

C’est une révolte ? Oui sire, mais c’est l’espoir d’une révolution.

  Il n’empêche que le drapeau rouge et le drapeau tricolore risquent un jour de s’unir. Si le peuple a alors un programme et une organisation rien ne pourra l’arrêter. On ne prétendra pas en revanche que les gilets jaunes aient par eux-mêmes la capacité de mener une révolution progressiste à son terme, du moins pas dans la configuration actuelle. Ils payent très cher leur désorganisation, ne serait-ce que par leur absence de tactique ou de toute proposition concrète pour transformer la société. Ils ont en revanche des ambitions immenses, car ils n’ont pas le choix, ils en sont à se défendre sur des questions de survie.

  Un événement prévoit donc que la manifestation du 1er Décembre soit l’acte final du mouvement actuel, couronné par la démission de Macron. Avec cette fois une présence possible des syndicats. Il est probable que s’amorce une clarification idéologique nécessaire au mouvement s’il ne veut pas être transformé en un poujadisme de seconde zone. On jugera alors du mode d’organisation des luttes s’il parvient à évoluer en se massifiant. Un espoir immense pourrait naître de ce combat. Charge aux militants aguerris de le concrétiser autant que possible et de ne pas le laisser mourir. La révolution n’est sans doute pas pour Décembre, mais elle pourra s’en trouver nourrie

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article