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JRCF

2018, année de luttes (2/2)

BLOCAGE À TOLBIAC : ENTRETIEN AVEC DEUX JRCF

Pouvez-vous vous présenter ?

Wilhem : Je suis étudiant en Histoire de l'art et Archéologie à l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne, et militant JRCF. J'ai pris part aux Assemblées Générales et aux actions de blocage du centre Pierre Mendès France, antenne de Paris 1 situé rue de Tolbiac dans le 13° arrondissement de Paris.

 

Kevin Je suis étudiant en histoire au site de l’université Paris-1 de Tolbiac. Je n’avais jamais participé à un blocage ou une occupation auparavant. J’ai participé au mouvement contre la loi travail, où j’ai découvert le militantisme. D’abord engagé en tant que militant autonome, je milite désormais avec le Pôle de Renaissance Communiste en France.
Je tiens à préciser que je ne parlerai pas au nom des mobilisés de Tolbiac contre la sélection (je n’ai ni la prétention ni la légitimité pour). Il s’agit donc ici d’un ressenti, d’une analyse et d’un rapport de mon expérience dans l’occupation de Tolbiac.

 

 

Pourquoi êtes-vous contre la loi ORE portée par la ministre de l’enseignement supérieur ?

W: La loi Orientation et Réussite des Etudiants, promulguée dans le cadre du Plan Etudiants annoncé depuis Octobre 2017 par le Gouvernement et portée par la ministre Frédérique Vidal remet en question l'ouverture de l'Enseignement supérieur à tous. Sous couvert  de résoudre le problème d'engorgement des facultés et de tirage au sort au travers du réseau Admission Post-Bac, le gouvernement Macron a établi le nouveau système parcoursup. Les nouvelles dispositions de la loi ORE permettent aux facultés d'établir des critères de sélection à l'entrée de leurs filières. Ces critères seraient laissés sous contrôle des conseils d'administration, et font déjà l'objet d'un passage en force dans certaines facs, notamment à la Sorbonne, en dépit de la volonté du conseil du personnel enseignant et du conseil des élus étudiants. La loi ORE et le système parcoursup s'inscrivent dans une visée plus globale du gouvernement sur les services publics.

            Les réformes visant à "flexibiliser" le contrôle de chaque faculté sur elle-même vont permettre d'exclure bon nombre d'étudiants par de nouveaux biais : augmentation des frais de scolarité, suppression des compensations (permettant aux étudiants de valider leur années si certaines Unités d'Enseignement ne sont pas validées), nouveaux critères de sélection géographique, économique qui nuiront à la diversité sociale à l'université et établissent d'ores et déjà une disparité de valeur du diplôme du Baccalauréat, auparavant diplôme National (certains lycées plus prisés donc préférés à d'autres).

 

 

K : Les réformes portées par le gouvernement sont une catastrophe pour l’université française déjà affaiblie par un cruel manque de moyens. On ne peut pas prendre cela à la légère : l’université a été construite et doit encore se construire de manière à développer le niveau général de la nation par l’éducation et la recherche. C’est un bastion pour les populations défavorisées qui sont sensées pouvoir y trouver un accès de grande qualité à l’éducation : l’université doit être bâtie contre les inégalités économiques, sociales et culturelles inhérentes au capitalisme (qui sont un véritable fléau pour le développement économique et culturel de la nation). Concernant la réforme de l’université, plusieurs points relèvent d’une dynamique qui transforme une université publique accessible à tous les bacheliers en une université d’élite niant les déterminismes socio-culturels et la mission même de l’université. La lutte contre cette réforme est donc en partie une lutte pour l’hégémonie culturelle. Concernant les horreurs de cette réforme, la liste est longue : importance de la réputation du lycée dans la sélection ; « fiche avenir » également déterminante et remplie par les professeurs (donc très subjective) ; « attendus » absurdes nécessaires pour intégrer une licence et donc autocensure des étudiants doutant de leur capacité à intégrer telle ou telle formation ; non-hiérarchisation des vœux dans Parcoursup ; complexité d’utilisation qui met en avant la capacité de certaines familles à faire appel à des acteurs privés pour optimiser les candidatures ; accentuation de l’incapacité des filières à accueillir les étudiants ; lettre de motivation (que dire à 17 ou 18 ans?) ; critères de sélection décidés directement par les universités, etc.
On voit clairement à travers ces mesures les dangers qui pèsent sur les lycéens qui n’évoluent pas dans un cadre économique, culturel et social favorisé ! 
En ce qui concerne plus directement les étudiants à l’université, la suppression du système de compensation qui permet d’évaluer plus justement et minutieusement les élèves (surtout les plus fragiles, défavorisés, handicapés, …) ; modularisation des parcours (risque de dévalorisation du diplôme et de variabilité des frais d’inscription selon les UE) ; etc. Nous allons vers davantage de «flexibilité» universitaire, ce qui nous amènera nécessairement vers plus de hiérarchisation et de concurrence entre les facs, vers l’augmentation des frais de scolarité; vers davantage de sélection géographique, ... De plus, comment des universités qui manquent de plus en plus de moyens pourraient-elles se permettre de trier efficacement parmi des étudiants de plus en plus nombreux? 

Cela est clair : les nouvelles procédures d’accès à l’université vont accentuer les inégalités entre bacheliers, et donc les inégalités sociales, et c’est l’enseignement privé qui en sortira victorieux. Beaucoup d’étudiants seront vite envoyés dans la vie «active» alors que le diplôme constitue un rempart important contre les injustices du monde professionnel.

Le fonctionnement actuel de l’accès à l’université n’est pas parfait et est déjà porteur d’inégalités sociales. Par exemple, moins de 8% des enfants d’ouvriers vont jusqu’au Master contre 33% des enfants de cadre. C’est pour cela qu’on ne peut pas se contenter d’être contre la loi ORE, mais pour un projet allant dans l’autre sens, à commencer par accorder davantage de moyens à l’université. Cette réforme n’est pas isolée, elle symbolise la volonté bourgeoise de déconstruire l’université publique pour conférer la tâche d’éduquer la nation à des acteurs privés. Le rail, les hôpitaux, l’université, etc. Tous les secteurs mis en danger par la bourgeoisie sont essentiels (ce n’est pas pour rien qu’ils sont ou ont été publics). Ils ne peuvent pas être considérés sous le prisme de l’individualisme: ils sont la nation.

Cette réforme ne résout aucun problème: elle les aggrave et en pose de nouveaux.

 

Comment le mouvement est né à Tolbiac ?

W : Dès l'annonce du plan étudiant en octobre 2017, les organisations syndicales (UNEF, Solidaires), les autonomes et les organisations politiques (NPA, LO, FI et autres) présents sur le site se sont saisi de la question et ont appelé en Assemblée Générale à la mobilisation et à la manifestation contre le plan étudiant. Toutefois, c'est à l'adoption de la loi vidal en mars 2018 que le mouvement étudiant a repris son souffle, porté par la mobilisation toulousaine de l'université Jean Jaurès contre la Fusion des universités de la région, et la loi ORE. Inspirée également par la grève de la Fonction Publique et des Cheminots de la SNCF s'élevant contre les casses de leur statut et les réformes visant la privatisation partielle du chemin de Fer français. 

            C'est dans cette ambiance marquée par les attaques de classe de Macron et de la bourgeoisie au pouvoir contre les acquis du CNR, du Front Populaire et des mouvements de grève historiques, et dans le temps de la célébration du cinquantenaire de mai 1968 que l'occupation de Tolbiac a été votée et établie en Assemblée Générale par un regroupement d'étudiants toujours plus large. Après plusieurs jeudis de blocage, le lundi 26 mars 2018, nous nous sommes rendu au centre pour le prendre, puis pour l'occuper. Les vétérans du blocage admirent eux-mêmes une mobilisation sans précédent et l'amphithéâtre N, le plus grand de la fac, fut réquisitionné pour l'AG qui eut lieu à dix heure le même jour. Plein à craquer d'étudiants et d'étudiantes fébriles, curieux et parfois aussi en colère, l'Assemblée a voté l'occupation du centre et son blocage. Ce mardi 3 avril, l'Assemblée a renouvelé son vote jusqu'au retrait de la loi, et renouvelant son  positionnement contre les lois visant la casse des services publics. Une cinquantaine ou centaine (difficile de savoir) d'étudiants et de militants occupent jour et nuit le centre, y organisent des cours alternatifs, des actions de blocage sur d'autres centres, toute une vie interne à la faculté et mangent, dorment, vivent là-bas.

 

Est-ce que celui-ci prend de l’ampleur ?

W : Il semble de plus en plus fort en tout cas. Quand le mardi 20 mars nous nous regroupions en Assemblée Générale, nous nous comptions sur 4 centaines d'étudiants. La semaine suivante au moment du blocage, un amphithéâtre de 1000 places était plein à craquer. Selon les estimations de l'AG du 3 avril, la barre des 1800 personnes était atteinte amplement. En dehors des AG, de plus en plus de personnes s'agglutinent à l'occupation, et aux actions de blocage menées contre les autres facultés. Malgré les répressions morales que produisent les communiqués de l'Administration et de la Fédération Paris 1 (organisation ayant monopole sur le syndicalisme étudiant à Paris 1, sans action militante solide dans leur viseur), le mouvement se solidifie et de plus en plus de personnes se joignent à l'occupation. Pour alimenter les occupants, produire des cours (certains professeurs ayant fait le choix de proposer des cours alternatifs hors-programme, en Archéologie, Philosophie, Sociologie et autres), ou pour se joindre aux manifestations et aux grèves (UNEF, Solidaires, et autonomes constituent des cortèges étudiant assez disparates dans les manifestations).

 

K : Le mouvement prend très clairement de l’ampleur. Les gens vont et viennent en grand nombre pour occuper et animer la fac. Les plus téméraires y dorment depuis le début de la mobilisation.

Les étudiants sont soutenus par beaucoup de professeurs. Récemment, Tolbiac a connu sa plus importante AG depuis longtemps, avec environ 1800 étudiants mobilisés, et le blocage y a été reconduit, illimité cette fois-ci ! Même le président de l’université, Georges Haddad, le reconnaît: «le mouvement est en train de prendre […] c’est la théorie du chaos». L’autogestion étudiante paye. Les coups de force policiers ou fascistes à Toulouse et Montpellier n’intimident en rien les étudiants: ils renforcent la mobilisation et l’organisation ! Dans toute la France, de plus en plus de facultés sont occupées contre la réforme, et celles-ci le sont de plus en plus vigoureusement. Tout porte à croire que le mouvement n’est absolument pas prêt de s’arrêter, et que celui-ci va s’amplifier.

 

Que pouvez-vous nous dire sur les AG ? Est-ce vrai qu’on y a entendu des propos antisémites ou racistes ?

W : Les Assemblées Générales plébiscitent les décisions de blocage et de mobilisation. L'ambiance peut y être assez violente ou éprouvante parfois, car les applaudissements des différents camps (anti-bloqueurs minoritaires vs pro-bloqueurs majoritaires) et les interventions lors des tours de parole provoquent la discorde et la zizanie. Toutefois, les cas de violence verbale et physique restent isolés. La seule violence physique dont j'ai été témoin est celle provoquée par des militants d'extrême droite (la cocarde étudiante) qui ont été expulsés de l'AG par les vigiles de l'université à la demande du vote populaire, et ont été frappés en représaille de leur pression verbale et physique contre une jeune fille par un autonome antifasciste.

En ce qui concerne l'antisémitisme ou le racisme, la majorité des militants étudiants mobilisés lors des AG sont de mouvances progressistes de gauche, affiliés au féminisme, à l'antiracisme et aux luttes LGBT. Il est évident que les accusations d'antisémitisme émanent du camp des anti-bloqueurs, appuyé par des graffitis antisémites et antisionistes retrouvés dans les locaux dégradés de l'U.E.J.F et d'Alliance. Malgré un communiqué du comité de mobilisation de Tolbiac, se désolidarisant de ces dégradations et mettant le doigt sur la montée de l'extrême droite et de ses militants, les accusations sont lancées aux bloqueurs. Des représentants des organisations (UEJF et Alliance) sont venus en Assemblée générale pour demander des excuses et rappeler qu'ils "ne sont pas de l'extrême droite" tout en affirmant leur opposition aux actions de blocage et leur intérêt pour la loi ORE ... de la dissonance cognitive donc.

Pour le reste, des accusations de sexisme et d'homophobie infondées ont émané de la fédé Paris 1. Si des individus isolés peuvent avoir utilisé des insultes "à caractère homophobe ou sexiste" (ce dont je n'ai pas été témoin), l'AG était organisée par un tour de parole paritaire et les minorités LGBT, de genre ou "racisées" y étaient respectées et protégées. La place prédominante dans le discours de la fédé d'accusation de la sorte est une preuve de malhonnêteté. Dans l'impossibilité de produire un raisonnement cohérent contre les décisions de l'AG, ils usent de subterfuges et de sophismes pour discréditer le blocage et l'occupation de l'université. Toutefois, leurs communiqués et leurs interventions en assemblée générale ne suffiront pas à arrêter le mouvement qui grossit dans la Fac, et qui n'est pas isolé.

 

K : Les AG permettent aux étudiants de s’organiser politiquement sur leur lieu de travail. C’est un lieu d’expression, de débat, mais surtout de décision qui permet d’agir au nom des étudiants de la faculté. Certains se plaignent d’un manque de libre prise de parole de certains groupes (notamment ceux opposés aux occupations), mais cela n’est pas vrai, tout le monde peut s’exprimer et voter: ils devraient alors s’en prendre à leur incapacité de s’organiser efficacement pour représenter leurs intérêts. S’organiser, c’est ce qu’ont fait les étudiants franchement opposés aux réformes gouvernementales. Nous devons nous rappeler des luttes passées. Celles-ci n’ont pas été remportées par des intérêts timidement revendiqués mais par une organisation solide et radicale.

Je n’ai ni entendu ni lu le moindre propos antisémite venant des mobilisés de Tolbiac. À vrai dire, je n’en ai pas entendu tout court. 

Lors du saccage du local de l’UEJF, des kippas ont été jetées, et l’appellation de racisme «anti-goy»  a été marquée sur la porte d’entrée. Cela est extrêmement grave et ne doit pas être pris à la légère. Il y a  cependant une extrême-droite infiltrée dans Tolbiac, qui espionne et menace les occupants à travers les réseaux sociaux. Celle-ci cherche à discréditer la mobilisation, et l’idée de son implication dans ce saccage ne peut pas être écartée.

Les actes ont immédiatement été condamnés par les mobilisés, qui nient toute implication des occupants. Cet incident est cependant l’objet d’une évidente récupération politique, faisant l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme pour condamner le mouvement étudiant. Cet amalgame est aussi dangereux pour les occupants qualifiés d’antisémites que pour les Juifs qui n’accordent pas de valeur à cet amalgame dangereux. N’oublions pas que Juifs et occupants sont tous les deux mis en danger par la menace fasciste ! Une délégation fut même envoyée à la marche blanche en l’honneur de Mireille Knoll. Nous revendiquons le combat contre le racisme et l’antisémitisme. Mais comment fermer les yeux sur les manipulations politiques d’organisations anti-blocages et pro-réforme qui cherchent à nous discréditer par des amalgames odieux ?

Comment vous positionnez vous par rapport aux autres universités en lutte ?

W : La solidarité entre universités mobilisées est toujours de mise. Des communiqués de soutien aux étudiants de toutes les universités subissant la répression policière, fasciste ou administrative, à Dijon, Toulouse, Montpellier, Strasbourg (...) ont été fait. L'union fait la force et pour l'heure le mouvement étudiant est uni au moins symboliquement dans ses actions. Le renforcement du blocage et l'occupation font évidemment échos aux deux points chauds de la mobilisation, Toulouse et Montpellier. De plus, aux réunions nationales de mobilisation étudiante, le comité de mobilisation envoie évidemment des représentants de Tolbiac. Si l'occupation peut sembler vaine,  elle a une forte symbolique dans certaines des plus grandes facs de France (Tolbiac, Mirail). Elle s'inscrit dans la logique de grève générale à laquelle tout communiste aspire, et sur laquelle repose à présent tous nos espoirs.

 

Pensez-vous pouvoir faire reculer le gouvernement ?
K : Aujourd’hui, le mouvement dépasse une simple opposition aux réformes gouvernementales pour porter des ambitions politiques plus larges. La colère monte dans toute la France, et le mouvement ne fait que commencer.  Le gouvernement dit vouloir privilégier «le dialogue et l’écoute», mais c’est nier le fait que celui-ci a pris ses décisions bien à l’avance et ne porte pas attention aux revendications syndicales lors des discussions. Vidal dénonce une campagne de désinformation sur sa loi… c’est dire le mépris porté à nos revendications. Elle se plaint des violences mais le gouvernement n’a pas réagi face aux agressions de Montpellier soutenues par le doyen Pétel ! Macron déclare clairement ne pas vouloir se détourner des objectifs de la réforme. Face à un pouvoir aussi têtu et ambitieux, nous devons nous organiser contre lui de manière radicale, globale et avec autant d’ambition.
Les maux des fonctionnaires, des cheminots, des retraités et des étudiants (pour ne pas dire de tous les Français) ont tous la même origine, il nous est donc impératif d’agir de manière concertée et organisée pour bouleverser la tête de l’Etat.

N’oublions pas que Macron possède un pouvoir audacieux, mais un pouvoir fragile, niant toutes les revendications démocratiques ! Il paraît solide mais ne l’est qu’en façade ! Le gouvernement prétend ne pas voir le lien entre les luttes actuelles : nous devons lui montrer, par une organisation unitaire et efficace, que nous sommes tous liés contre ce qu’il représente !

Rappelons également les luttes passées, comme en 1986, lorsque la mobilisation avait repoussé un projet de loi visant à sélectionner à l’entrée des universités !

Gagner face à Macron est tout à fait possible (et nécessaire !), mais il nous faudra aller le plus loin possible dans l’action et l’organisation syndicale et inter-syndicale, politique et nationale.

CONTRE LA GUERRE MONDIALE «EN MARCHE» COMMUNIQUÉ DES JRCF

« Tiens-toi prête, Russie, les missiles arrivent »...

C'est par ces mots que le président impérialiste des États-Unis d'Amérique, Donald Trump, vient d'avertir la Fédération de Russie, ainsi que ses alliés, de représailles militaires pour son manque d'obéissance aux injonctions de Washington concernant la situation en Syrie.

 

Lui emboitant le pas, le tout autant impérialiste Emmanuel Macron s'apprête à prendre, «dans les prochains jours», une décision concernant des frappes militaires française en Syrie.

 

Il n'est aujourd'hui de danger plus grand pour les peuples et le monde que la guerre «en marche» que nous prépare l'axe USA-UE, contre la Russie et ses alliés, par la force de frappe de son bras armé, l'OTAN.

Les provocations militaires de cette dernière en Europe aux portes de la Russie et des forces navales états-uniennes en mer de Chine et du Japon n'ont fait, ces derniers mois, qu'attiser les feux de la guerre aux quatre coins du globe.

 

L'impérialisme auto-proclamé «occidental», idéologie de guerre du capitalisme, pousse aujourd'hui, pour la défense de son hégémonie économique et de celle de ses multinationales, des nations armées nucléairement à l'affrontement général. Il n'est pas peu dire qu'une des conséquences d'un tel affrontement peut être ni plus ni moins que la destruction de ce monde et de l'espèce humaine !

 

Face aux menaces de guerres généralisées provoquées par Trump et Macron, les Jeunes pour la Renaissance Communiste en France appellent la jeunesse française toute entière à ne pas justifier ni suivre dans leur délires guerriers les présidents français, américains et leurs alliés contre la Russie.
Mobilisons nous pour un front commun des forces de paix en France, en Europe et dans le monde !

Contre le capitalisme et ses guerres impérialistes,

Sortons de l'UE et de l'OTAN,

Pour reconstruire la paix mondiale et la coopération

internationaliste des peuples souverains !

Jeunes pour la Renaissance

Communiste en France

 

BREF RÉCIT DE L'OCCUPATION DE LA SORBONNE PAR UN JRCF

Nous partageons le récit condensée de l'occupation de la Sorbonne hier soir par l'un de nos camarade JRCF présent sur place. 
 
Bref récit de l'occupation de la Sorbonne hier soir, jeudi 12 avril.


Bonjour camarades, 

 
Des étudiant-e-s étaient réuni-e-s hier à la Sorbonne pour une AG inter-facs, prévue à 16h, censée permettre aux étudiants parisiens de s'organiser et de décider quelles suites donner au mouvement. 
 
Environ 300 étudiants étaient déjà rentrés et réunis dans la cour d'honneur lorsque vers 16h30, les vigiles ont brusquement, sans donner de motifs, refermé les portes cochères d'entrée de la rue de la Sorbonne (c'était le seul accès, tous les autres ayant été déjà bloqués depuis le matin, et la veille aussi), laissant environ 200 d'étudiants dehors, les empêchant d'entrer et de participer à l'AG. Les portes étaient cadenassées, gardées par les agents de sécurité à l'intérieur et des CRS à l'extérieur.  
 
Nous avons décidé de ne pas commencer l'AG dans ces conditions tant que nos camarades bloqués à l'extérieur ne pourraient pas nous rejoindre pour participer aux discussions. 
 
Négociations infructueuses avec les agents pour ouvrir les portes. Ils ne font selon leur dires, qu'obéir aux ordres du rectorat. Nous nous sentons "piégés", divisés, puisque nous sommes "invités" à tenir notre AG tandis qu'une moitié d'entre nous sont interdits d'accès, bloqués par un déploiement de CRS.  

Nous défilons dans les couloirs de la Sorbonne pour exiger l'ouverture des portes. Nous retournons près de la porte pour exiger l'ouverture, mais rien à faire, les agents appliquent les ordres du rectorat : les portes restent closent. Personne ne peut rentrer dans la Sorbonne.

 
Ce qui ne devait être qu'une AG, se transforme progressivement, sous la pression du rectorat et des CRS en occupation. Nous décidons, à partir de 18h, d'aller dans les trois grandes salles du premier étage de l'UFR de philo de Paris 1 qui ont de grandes fenêtres qui donnent directement sur la rue de la Sorbonne, de façon à pouvoir être au contact de nos camarades bloqués à l'extérieur. Des banderoles sont déployées aux fenêtres. Les environ 200 étudiants qui restent à ce moment là à l'extérieur sont déterminés, ils exigent eux aussi l'ouverture des portes. Les CRS sont devant la porte et d'autre arrivent de tous côté pour encercler les étudiants dehors.

La communication par les fenêtres, entre les étudiants de l'intérieur et ceux de l'extérieur, nous permet de nous soutenir mutuellement et d'avoir une force commune. 

A l'intérieur, nous sommes en négociation constante, par délégations interposées, avec le rectorat. Nous exigeons de pouvoir nous réunir au complet. Le rectorat refuse, nous propose de nous réunir au complet "la semaine prochaine", nous propose de "laisser rentrer les étudiants bloqués dehors à conditions que nous nous engagions à libérer les locaux à 22h" (proposition que nous acceptons, mais qui ne sera pas honorée par le rectorat, les portes restant fermées), et nous menace d'envoyer les CRS pour nous déloger dans un temps de 20 minutes en cas de déclaration d'occupation. 

Nous sommes encore 200 à l'intérieur vers 19h, nous tentons de nous organiser, nous envoyons à la presse un communiqué et des photos, expliquant nos revendications : droit de nous réunir en AG au complet, retrait de la loi Vidal. Les étudiants occupants sont calmes, réfléchis et déterminés. L'ambiance de l'occupation qui s'organise passe de l'enthousiasme à l'inquiétude en fonction des aléas de la négociation avec le rectorat et des débuts de mouvements de nasse des CRS dehors.

 
A 21h30, la négociation avec le rectorat est terminée. Le refus d'ouvrir les portes est confirmé. Nous sommes sommés d'évacuer les lieux immédiatement. En cas de refus, nous serons évacués par les CRS. Nous restons dans la salle, décidés à faire valoir jusqu'au bout notre droit à nous réunir en AG.

A 22h, les CRS investissent la Sorbonne, ils sont 80 ou 100. A 22h10, ils pénètrent dans la salle où nous sommes réunis et nous évacuent sans ménagements. Je crois qu'il n'y a pas eu de grosses blessures. Le mégaphone que nous avions, la caméra et l'ordinateur dont nous nous servions pour les contacts médias sont saisis. Dans la rue de la Sorbonne les CRS, encore très présent et nombreux, évacuent progressivement de le rue.

UNE PAROLE CONTRE L'ETAT POLICIER DE LREM : TÉMOIGNAGE D'UN JRCF

n camarade dont un proche est en détention sans raison.

 

Libre droit de gueulante contre l'Etat Policier d'Emmanuel Macron (dit "Jupiter"), sbire à la solde du Capital.
Une police qui ne sert qu'à réprimer le mouvement social, une police qui ne sert qu'à arrêter des innocents. Une police qui ne fait rien contre les casseurs des blocs noirs et qui ose parler "d'organisation exceptionnelle" pour une bande de Totos anars fouteurs de merde. Une police qui tabasse les étudiants, une police qui trucide les immigrés. Une police magnifique qui ne fait que jeter de l'acide sur des symptômes de plaies purulentes de la société (la délinquance, la violence révoltée des casseurs) sans essayer de traiter son cancer (le Capital, la Bourgeoisie, les parasites). 
Mais cette police dans les mains de qui est-elle ?
La classe dirigeante n'arrêtera pas de placer ses sbires au gouvernement. Ce gouvernement rase les acquis sociaux de la classe ouvrière. Ces acquis des hautes luttes menées par le PCF et la CGT notamment, ces véritables avancées arrachées à la Bourgeoisie avec le Front Populaire, le CNR et Mai 68. Ces acquis qui nous protègent, nous soignent, nous permettent d'avoir accès à une éducation, à un enseignement, à des transports ferroviaires et aériens qui permettent à tous de voyager dans notre beau pays, et plus loin encore ...
Cette classe dirigeante dont l'existence est réelle et pas fantasmée, se caractérise par son rapport au Travail. Elle ne travaille pas, elle vole le travail des autres. Elle fait croire qu'elle possède, administre, est nécessaire, mais elle n'est que parasitaire. Cette classe donc, tient le gouvernement du pays par le biais des Partis de la majorité de Droite, le Parti (faussement) Socialiste, les "Républicains" et La Ripoublique en Marche, réceptacles de tous les professionnels du recyclage politique qui s'encartent Maoïste avant de devenir Socialiste puis Centriste. Réceptacle également, de tous les ripoux du privée, des medias et autres sous-merdes incultes et mal habillées adeptes du Globish de la "Startup Nation".
Cette classe dirigeante donc, continue de nous prendre tout. Petit à petit. Et on la laisse faire. Elle mène ses petites guéguerres économiques contre elle-même, et ses guerres impérialistes avec soutien des classes dirigeantes des autres pays, états-uniennes en première ligne. Elle détruit l'Afrique, broie le Moyen-Orient, crée les conditions du terrorisme et de l'instabilité politique. Elle crée la chaîne des peuples des pays qu'on a longtemps appelé du Tiers-Monde, et qu'on appelle maintenant avec une condescendance camouflée "pays en voie de développement". Elle exploite, massacre, pille les ressources, déstabilise des régions pour s'assurer une hégémonie géopolitique.
Et puis elle brise sa propre population. Elle la condamne petit à petit à accepter tous les caprices des capitalistes pour les faire "créer des emplois". Elle produit une Loi de Selection à l'Université au lieu de réformer en profondeur les institutions de reproduction des différences sociales que sont pour l'instant l'école, le collège et le lycée pour faire de meilleures étudiants et de meilleures citoyens. Elle instaure la sélection déguisée et ouvre dans le même temps aux intérêts privées capitalistes le Rail, la Santé, l'éducation. Car les lois qui ne sont pas encore écrites le seront. Si Micron n'abolit pas la Sécurité Social, son héritier le fera.
Ce cancer de la société humaine qui exploite, alienne, rend inepte la majorité par la culture de masse macdoisée globalisée et dégénérée ne fait qu'asseoir sa puissance.
Désormais, toute opposition ne sera plus écrasée. Si elle est violente et dégradante, elle sera montée en tête d'affiche par les caméras et laissée tranquille par la Police inutile. Si elle est pacifique, elle sera encerclée et arrêtée arbitrairement. On prendra soin de séparer les enfants de leurs parents, de menacer leur famille, d'intimider les soutiens qui s'amassent devant la gendarmerie. Les bloc noirs, eux, rentreront tranquillement chez eux, à l'exception d'un ou deux qui se seront effectivement fait attraper. Les interpellés ? Des étudiants en période d'examens, condamné à la défaillance par l'université. Des militants salariés du privée qui seront condamné au chômage par leur patron. Des parents travailleurs qui se verront contrains de rester à attendre alors qu'ils n'ont rien fait, à espérer que leurs enfants puissent se débrouiller seuls. On oubliera pas de menacer le reste des non-interpellés, de jeter les personnes les plus minces, et de gazer les corps les plus larges. Les insultes et les actes sexistes, homophobes et racistes sont les bienvenus. 
Et la "Justice" s'occupera du reste.


Que faire ?
Reconstruire une force révolutionnaire large et organisée. Fédérer tous les travailleurs qu'importe leurs origines, leurs couleurs, leurs orientation sexuelles ou leurs genres. Cesser le dogmatisme et faire un front uni de tous les camarades susceptibles de se mobiliser. Sortir de leur torpeur ceux qui ne le sont pas en produisant de l'agitation dans les usines, les facs, les gares, les hôpitaux. Revendiquer une théorie révolutionnaire solide, se ranger derrière de fortes centrales syndicales, et avancer tous ensemble, et en même temps. Les moyens de répression et de discrédit de l'état bourgeois sont forts. Mais en comprenant l'enjeu de l'établissement de ce réel rapport de force et en faisant tout pour nous unir toutes et tous, c'est possible. 
Un peu d'espoir, quand la liberté est enfermée, elle tend une patte hors des barreaux. Quand Dieu ferme une porte, il ouvre une fenêtre.

COMMUNIQUÉ DES JRCF SUR LES COMMÉMORATIONS DU 8 MAI

Le 8 mai 1945 (le 9 pour l'URSS et les peuples de l'Est de l'Europe), il y a 73 ans, défaite par la contre-offensive victorieuse de l'armée Rouge qui débuta à Stalingrad, l'Allemagne nazi capitulait sans conditions face aux forces Alliés, après 12 ans de terreur fasciste, dont 6 années de guerre, d'impérialisme et d'horreur exterminatrice.

 

Jusqu'à la chute de l'URSS et du camp anti-impérialiste mondial dans les années 90, les fascistes et réactionnaires de tout poil, dans nos pays, étaient cantonnés dans les caves et rasaient les murs. Mais le «modèle des démocraties libérales» et son bras armé l'OTAN, victorieux de la guerre froide et si prompt à se réclamer de l'anti-fascisme, leur a permit de revenir sur le devant de la scène pour servir encore une fois les intérêts du Capital, c'est à dire de l'Union Européenne et du grand patronat, en effrayant les peuples par tous les plus ignobles procédés possibles.

 

Le résultat, c'est le sous-continent européen une nouvelle fois gangrèné par la prise du pouvoir, ou d'une part du pouvoir, par les réactionnaires les plus fascisants, que ce soit en Pologne, en Hongrie, en Allemagne, aux Pays-Bas, ou en Autriche.

Mais ce serait dédaigner le processus de fascisation que subit aussi l'Italie, l'Espagne et également la France que de ne pas les citer. Comment est il encore possible de s'occulter cette fascisation du pouvoir dans notre pays alors que la répressions anti-syndicale se fait de plus en plus dur, que l'on sur-arme la police, que l'on intègre le principe d'état d'urgence à la Constitution, que l'on fait fi du moindre aspect démocratique qui pourrait remmettre en cause ce pouvoir, que l'on pourchasse le moindre enfant migrant et que l'on condamne pour «délit de solidarité» ?

Les étudiants français en lutte, il y a peu, ont eu le plaisir de se confronter à des bandes de nervis d'extrême-droites prêts à se ranger derrière le pouvoir macronien pour se faire quelques «gauchistes».

 

En vérité, les forces fascisantes et réactionnaires, aujourd'hui comme hier, sont encore à l'oeuvre pour museler les peuples et les travailleurs et leur interdire toute perspective de sortie du capitalisme destructeur.

 

Face à cette menace, il est toujours aussi urgent de reconstruire un véritable parti au service des travailleurs et de notre peuple, un parti réellement communiste, défendant nos intérêts de classe et l'indépendance de la France face à l'UE de plus en plus fascisante.
Oui, avec l’Union Européenne du Capital, il est toujours fécond le ventre de la bête immonde !

Communiqué des JRCF sur les commémorations du 8 mai

ENTRETIEN AVEC UN CAMARADE EN LUTTE DE RENNES 2

Entretien avec un camarade en lutte de Rennes 2

Tout d'abord merci à toi d'avoir accepté de t'entretenir avec Initiative-Communiste, le mensuel du PRCF. Peux-tu te présenter rapidement ?

 

Je m'appelle Antoine, je suis étudiant à Rennes 2 en histoire. Je viens des Côtes-d’Armor, je ne suis pas encore adhérant au PRCF, mais ça ne devrait pas tarder.

 

Tu étudies donc à Rennes 2 et tu fais partie des étudiants qui s'insurgent contre la loi ORE, contre la sélection à l'Université. Pourquoi vous révolter contre ces projets de loi du gouvernement Macron ?

 

Il semble clair que cette loi s’inscrit dans un processus bien plus large. Celui de la rigueur budgétaire, de la privatisation et donc de la sélection sociale. Beaucoup d’étudiants à Rennes 2 et dans la France entière l’ont compris. Il a semblé très vite indispensable pour beaucoup d’entre nous de se regrouper pour organiser la résistance contre cette politique contre-révolutionnaire et antisociale. Nos points d’accords sont clairs, nous voulons plus de budgets pour l’université, nous voulons une université qui reste publique, qui soit plus ouverte aux travailleurs et aux enfants d’ouvriers.

 

Peux-tu nous expliquer comment votre lutte s'est organisée jusqu'ici ? Quels ont été les évènements importants pour le mouvement étudiant à Rennes ?

 

Jusque-là, notre lutte s’est organisée selon un schéma classique par l’intermédiaire d’assemblées générales. C’est surtout à partir de l’assemblée du 16 avril qu’un tournant s’est opéré avec une assemblée générale réunissant près de 5000 étudiants dont environ 60 pour cent ont voté pour le blocage de l’université. L’occupation, qui a duré plus d’un mois, fut l’un des événements importants pour le mouvement. D’une part parce que sa durée fut exceptionnellement longue. Mais aussi et surtout parce qu’elle fut l’occasion de rencontres entre étudiants qui ne se seraient sans doute jamais parlés en temps normal. Qu’ils soient en première année de licence, de master ou même doctorant, ça n’importait plus. Nous étions d’accord sur le fait que nous ne voulions pas de cette politique et cela a pu donner lieu à beaucoup de discussions qui allaient bien au-delà du sujet de l’éducation. Ce fut une période de rassemblement et de forte politisation.

 

Quel regard plus global portes-tu sur ce mouvement étudiant ?

 

Pour ce qu’il y a de positif, je dirais que je le trouve très solidaire et soudé. Mais le problème qui découle de ce point positif, c’est que le mouvement est sans doute un peu trop enclavé et ne se coordonne peut-être pas assez avec les travailleurs. Il n’y a pas de revendication de classe, qui pourrait permettre une réelle jonction des luttes. Il y a aussi certaines contradictions idéologiques dans le mouvement, notamment le fait de lutter avec des anarchistes qui ne veulent pas d’État contre la casse du service public (et donc le dépérissement de l’État) ou encore de lutter contre le libéralisme à outrance de l’UE, du MEDEF et de Macron tout en promouvant des idées libertaires. Après, le fait que nous soyons nombreux à être mobilisés est déjà une bonne chose.

 

Très récemment l'université a été évacuée et, par la suite, rebloquée le jour de passage des examens, annulant la tenue de ces derniers. Quelle suite faut-il donner selon toi au mouvement étudiant ?

 

Je pense qu’une fois nos revendications tenues en ce qui concerne les examens (10 pour tout le monde, améliorable par des devoirs maisons), le mouvement étudiant n’aura plus raison d’être puisque l’année scolaire sera terminée. En revanche, nous pouvons tous continuer à lutter aux côtés des syndicats même s’il est vrai que le travail saisonnier risque de faire diminuer la mobilisation.

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