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La Commune de Paris vu par un communiste américain

Voici une traduction d'un texte écrit par Caleb Maupin, journaliste américain. Il brosse un portrait de la glorieuse Commune de Paris à l’occasion de ses 147 ans et essaie d’imaginer comment ce qu’il appelle la gauche postmoderne, culturelle contemporaine réagirait face à cet événement s’il se produisait aujourd’hui.

Il y a exactement 147 ans à ce jour, le 28 mars 1871, la commune de Paris a été créée.

Que s'était-il passé ?

Les Prussiens avaient envahi la France. Le gouvernement capitaliste s'était rendu. Les travailleurs de Paris dirent des capitalistes qu'ils étaient des traîtres, et qu'eux étaient les vrais patriotes héritiers de la Révolution française. Ils prirent les armes et créèrent un nouveau gouvernement pour combattre l'invasion. La commune de Paris n'est resté au pouvoir que deux mois.

Au cours de cette brève période, ils établirent le contrôle des travailleurs sur de nombreuses d'usines, accordèrent aux femmes l'égalité des droits, remplacèrent la police et l'armée par une milice populaire. Ils prirent le contrôle des entrepôts et distribuèrent des vivres à la population affamée. Ils organisèrent une éducation gratuite.

Karl Marx s'était initialement opposé au soulèvement, mais le soutint une fois mis en route. Il déclara que les communards avaient pris d'assaut le Paradis et que c'était la première dictature du prolétariat*.

J’ai le sentiment que si un événement analogue se produisait aujourd’hui, la gauche culturelle post-moderne le qualifierait de "Nazbol" (NdT : allusion au parti nationaliste russe dirigé par l’écrivain Limonov) ou de "crypo-fascistes". Comment des travailleurs osent-ils aimer leur pays ? Comment osent-ils soulever des revendications économiques et ne se concentrent-ils pas seulement sur les questions d’ordre culturelle ou liées au genre ? Comment osent-ils en appeler à l’intérêt propre du peuple ?
 

Les travailleurs ne se sont pas révoltés parce qu’ils se sentaient honteux, ils ne se sont pas révoltés parce qu’ils voulaient être plus pauvres.

 

Quand les travailleurs français de la Commune se sont soulevés en 1871, ils étaient animés par le patriotisme, la flamme de se battre pour leurs propres vies et leurs communautés.

 

Pourquoi une bonne part de la gauche ne veut plus en appeler à ces sentiments ? Pourquoi cette sorte de populisme est-il si haï par beaucoup de nos contemporains se revendiquant du Marxisme ?

 

* Marx et Engels conçoivent la dictature du prolétariat comme une phase transitoire de dictature révolutionnaire, nécessaire pour abattre le pouvoir de la bourgeoisie. Sur le plan économique, elle se traduit par la suppression de la propriété privée des moyens de production, et donc par la mise en place du collectivisme économique via un processus de socialisation des biens. Selon la théorie marxiste et léniniste, la période de dictature du prolétariat, phase « inférieure » du socialisme, conduira ensuite à un processus naturel de dépérissement de l'État et au passage à une société sans classes, phase dite « supérieure » qui correspondra au communisme proprement dit.

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