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CONSEIL DE LECTURE « James Connolly et le mouvement révolutionnaire irlandais », de Roger FALIGOT – 1979 (ré-édition Terre de Brume - 1999)

« Si, dès demain, vous chassez l'armée anglaise et hissez le drapeau vert sur le château de Dublin, vos efforts s'avéreront vains si vous n'édifiez pas la république socialiste.

L'Angleterre continuera de vous dominer. Elle vous dominera par l'intermédiaire de ses capitalistes, de ses propriétaires, de ses financiers, de toutes les institutions commerciales et individuelles qu'elle a implantées dans ce pays et arrosées des larmes de nos mères et du sang de nos martyrs »

 

« La cause des travailleurs est la cause de l'Irlande, la cause de l'Irlande est la cause des travailleurs »

 

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Cette biographie, que nous propose ici Roger Faligot, est celle d'un révolutionnaire irlandais, socialiste, profondément attaché au peuple travailleur d'Irlande et malheureusement trop méconnu du mouvement communiste international.
Son nom, James Connolly, résonne en Irlande comme aucun autre nom révolutionnaire ou figure nationaliste de l'indépendance.

Développant, chapitre après chapitre, la vie de Connolly, de son action militante en Ecosse, de la création de l'ISRP (l'Irish Socialist Republican Party), de son action syndical aux Etats-Unis, jusqu'à l'insurrection de Pâcques, l'auteur démonte les différentes récupérations nationalistes, et les accusations d'une partie du mouvement progressiste, qui prétendent pour les premiers qu'il fût surtout un idéologue nationaliste et pour les seconds qu'il succomba aux sirènes du nationalisme.

Pour ce faire, Roger Faligot démontre parfaitement que la pensée de Connolly peut se résumer par une de ses propres phrase : « La cause des travailleurs est la cause de l'Irlande, la cause de l'Irlande est la cause des travailleurs ».

Il revient également sur les écrits féministes du révolutionnaire, sur son étude de la tactique militaire, sur son analyse de la religion dans son pays, sur la culture gaélique, mais également sur son internationalisme indéniable et sur son opposition, très minoritaire alors en Europe, à la première guerre mondiale.

La question centrale de la vie de Connolly reste néanmoins celle de la libération de la classe ouvrière et des paysans d'Irlande, et tous les points abordés dans cette biographie tournent autour de cette thèse : « Sans libération nationale, pas de socialisme; sans socialisme, pas de libération nationale réelle », ou bien encore que la lutte d'une nation opprimée, contre son oppresseur, n'est qu'une des nombreuses formes que peut revêtir ce qu'est « l'Histoire de toute société jusqu'à nos jours, [...] l'histoire de luttes de classes ».

 

Je conseille fortement de (re)découvrir la pensée de ce révolutionnaire irlandais qui, par la force des choses, fût forgée sans quasiment prendre connaissance des écrits de son contemporains Lénine ou d'autres communistes d'alors.

Une formidable leçon d'histoire, de théorie et de mise en pratique, nous rappelant que chaque peuple, avec son bagage culturel, ses traditions et ses particularités, si elles n'ont pas pour finalité l'asservissement d'une classe par une autre ou l'oppresion d'une nation sur une autre, peut prendre la voie du socialisme aux côtés des peuples frères.

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