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Vive l'éducation populaire (6) : la lutte des classes

"Dans la lutte des classes, c'est aujourd'hui le grand patronat qui <<tient la main>> et a repris l'initiative historique avec l'aide active des syndicats de collaboration de classe. Et bien entendu, contrairement aux exploités, la classe dominante n'a aucun intérêt à avouer qu'elle mène, elle aussi, le combat de classe non pour éliminer l'exploitation, mais pour l'aggraver dans une absurde et suicidaire course au profit maximum."

Georges Gastaud

 

"Il y a une guerre des classes, c'est un fait. Mais c'est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner."

Warren Buffett, troisième fortune mondiale

 

En 2016, selon un sondage ODOXA, près de 70% des français étaient conscient de la lutte des classes, soit 5 points de plus qu'en 2013, et dans cela 59% s'estimaient concernés. On nous l'annonçait morte et enterré, et pourtant la lutte de classe revient belle et bien. Disons le tout de suite ce ne sont pas les prolétaires qui la créé (ils pourraient- et voudraient- bien s'en passer), mais les capitalistes qui dans leurs courses effrénées aux profits, comme on le dit vulgairement, "cherchent la merde" : ainsi ils feront tout pour pouvoir se gaver encore plus, quitte à faire travailler des gens plus qu'ils ne devraient, à les faire bosser dans des conditions tels qu'ils préfèrent le suicide ou deviennent inaptes au travail, à discriminer les fortes têtes, syndiqués ou non, etc. Pas convaincu ? Taper dans votre moteur de recherche "discriminations syndicales France". Puis aller voir le documentaire Merci Patron de François Ruffin  et le Cash investigation sur le management selon Lidl et la version enchanteresse de celui-ci chez Free.

Face à ceux qui nous répètent sempiternellement (surtout à gauche) que la lutte des classes est un conflit binaire, que celle-ci est en réalité une théorie générale du conflit social, comme l'a montré le philosophe Domenico Losurdo. Il ne s'agit pas non plus d'opposer le "social" au "sociétal" comme le font certains gauchistes et certains se revendiquant du communisme; non plus de diviser chacune des oppressions en autant de mouvement revendiquant chacun sa "souffrance" et participant à une essentialisation de ces revendications et des personnes les défendant, mais aussi à une activité contre-révolutionnaire. La plus choquante de ces partitions c'est le dénommé "classisme" ou racisme de classe, qui empêche à la fois d'attaquer la bourgeoisie (nous serions vite taxer de discrimination) et d'en finir tout court avec les classes sociales, but final du communisme, car contraire à la tolérance.

Intervient Domenico Losurdo qui dans son livre La lutte des classes paru aux éditions Delga démontre bien que la lutte des classes pour Marx et Engels, ne se résume pas seulement (et à vrai dire le mouvement ouvrier la montré) à la lutte entre bourgeois et prolétaire, mais aussi à la lutte de libération nationale des nations opprimées et pour l'émancipation des femmes, de même qu'un agrégat de luttes qui viennent s'y ajouter dont, et non des moindres, la libération des esclaves. 

Nous vous laissons avec cette intervention du philosophe à la Librairie tropiques, où il a le temps d'expliquer son propos. 

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