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Les milliardaires empochent et les prolétaires décrochent (La crise économique perdure) - Robert Bibeau

Les milliardaires empochent et les prolétaires décrochent (La crise économique perdure) - Robert Bibeau

[REVUE DE PRESSE/ANALYSE ECONOMIQUE]

Les emplois implosent alors que les profits explosent. On s’étonne d’apprendre que le mode de production capitaliste est en crise systémique depuis le krach boursier de 2007-2008. La reprise promise se fait attendre disent les cambistes.

Pourtant, les profits sont en hausse – à des niveaux records – alors que le taux d’activité est en baisse – à des niveaux records. Faut-il en conclure que la reprise est réelle pour les riches et que la disette est concrète pour les salariés ? Examinons quelques chiffres de France ayant valeur d’exemples.

En deux ans, en France, 407 usines ont fermé (2014-2015), hécatombe qui rempile sur la destruction de 1,4 million d’emplois en 25 ans. En contrechamps, en 2017 les « Resto du Coeur » ont accueilli 926 000 personnes et distribué 136,5 millions de repas dans 2112 centres et antennes, apportant leur aide à 30 500 nourrissons de moins de 12 mois ; indice flagrant de la paupérisation de la population. (1)

Aujourd’hui la France compte 6 612 700 chômeurs et travailleurs occasionnels précarisés, auxquels il faut ajouter 4 800 000 chômeurs invisibles qui ne sont pas comptabilisés dans les statistiques officielles. Au total, on dénombre plus de 11 millions de chômeurs sur l’hexagone et autant de pauvres (11 millions). (2)

 

En apparence les profits explosent !

En 2016, 55,7 milliards d’euros ont été distribués sous forme de dividendes aux actionnaires du CAC 40. Une somme proche du record atteint en 2007 qui était de l’ordre de 57,1 milliards d’euros. Un montant important, en hausse de 32 % par rapport à celui de 2015. Près de la moitié des dividendes ont été versés à des investisseurs étrangers qui détiennent 45 pour cent des entreprises du CAC 40. Pour ceux qui ne l’aurait pas compris, c’est ça l’impérialisme économique, des actionnaires et des capitaux qui fusionnent et s’entrecroisent, indifférent aux frontières nationales et qui attestent que l’euro et l’Union européenne sont là pour rester, ou alors, le mode de production capitaliste devra être terrasser. Mieux : Les dividendes ont augmenté plus vite en France qu’aux États-Unis ou dans le reste de l’Europe. Ainsi en Allemagne les « coupons » ont rapporté 6,9 % seulement, alors qu’en France, le taux grimpait à 11,8 % en un an. (3)

« Les grandes entreprises françaises bénéficient d’un contexte favorable, explique Philippe Kubisa, un des associés du cabinet de conseil PwC. Elles peuvent emprunter à des taux d’intérêt historiquement bas pour financer des acquisitions, acheter de l’énergie à des prix toujours limités, et sont aidées par la faiblesse de l’euro par rapport au dollar. » Présente partout sur la planète, elles peuvent en outre capter une croissance mondiale toujours assez forte (+ 3 % à + 4 % attendus en 2017) malgré la langueur de l’économie nationale. Autre élément positif : la fin de la baisse des prix des matières premières, qui permet à des groupes comme Michelin ou Saint-Gobain de remonter leurs tarifs. (4) L’impérialisme c’est tout ce qui précède, un système d’abord économique et politiquement idoine.

 

La valse des milliardaires.

Alors que la pauvreté s’épand, la fortune totale des milliardaires français a bondi de 21 % par rapport à 2016, à 245 milliards de dollars, selon le magazine Forbes. En tête du palmarès, Bernard Arnault, le patron du groupe LVMH, avec ses 41,5 milliards de dollars, se hisse à la 11e place mondiale. Il détrône Liliane Bettencourt, l’héritière du groupe de cosmétiques L’Oréal, qui figure à la 14e place. Suivent Serge Dassault, le fondateur de Kering, François Pinault et le magnat des télécoms, Patrick Drahi. Les cinq plus grandes banques françaises –BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, Crédit Mutuel SIC et Société Générale– « ont déclaré 5,5 milliards d’euros de bénéfices dans les paradis fiscaux ». Quatre d’entre elles sont notamment présentes aux Iles Caïmans, où elles ont réalisé « 174 millions d’euros de bénéfices bien qu’elles n’y emploient personne » (!) Où sont les réformes fiscales et l’efficacité de la guerre aux paradis fiscaux tant réclamés par Attac et les bobos réformistes ? (5)

 

La concentration du capital financier – les pôles financiers sous l’impérialisme.

Les USA restent largement en tête de la capitalisation financière avec 25 935 Milliards de Dollars (NYSE + Nasdaq, Nov. 2015). La Chine arrive en second, avec 11 050 MD (Shanghai + Shenzhen + Hong Kong, Nov. 2015 ). Loin derrière la première place européenne, Londres, qui, peu avant le « Brexit » et la dévaluation de la Livre, pesait environ 6 187 MD, incluant Milan, rachetée en 2007. Le rachat prévu de Francfort (1 738 MD en Nov. 2015) est remis en cause. Tokyo suit avec 4 910 MD (Nov. 2015), et devance Euronext (Paris + Amsterdam + Bruxelles + Lisbonne, 3 379 MD, Nov. 2015). Moscou bat la marche passant de 770 à 385 entre 2013 et 2014, après les sanctions relatives au conflit ukrainien. (6) Subodorant la fragilité de cet édifice spéculatif, rappelons cependant que lors du krach boursier de 2008, environ 25 000 milliards de dollars d’actifs parasites s’envolèrent en fumée en quelques journées.

 

L’État fétiche des riches au service du système capitaliste en phase impérialiste.

(...)

lire la suite sur Agora Vox : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-milliardaires-empochent-et-les-195270

Par Robert Bibeau

 

JRCF, 18/07/2017

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